#IdiotDuJour : il engage un tueur à gages et se met d’accord pour porter la culpabilité du meurtre préparé sur… un chat

By on janvier 28, 2012



Ça s’est passé à Pontoon Beach, Illinois, et ça n’aurait pu se passer nulle part ailleurs. NON, ça n’est pas un synopsis de Tarentino ni de Robert Rodriguez. Quoique… ?

[A lire aussi chez Fanette !] Une fois de plus, c’est une histoire hallucinante qui nous permet de vérifier l’assertion a priori déconcertante d’Oscar Wilde lorsque, sortant d’un thé chez sa tante au bras de son meilleur ami de l’époque, il s’écria : Ce n’est pas l’art qui imite la vie, c’est la vie qui imite l’art. Ce à quoi nous pourrions ajouter dans un soupir : et elle l’imite bien mal.

L’art auquel nous pensons en l’occurence, c’est celui des thrillers américains ; si tant est, dira-t-on, qu’il s’agisse d’art, et l’on peut en effet en discuter, mais ultérieurement, car pour l’heure, l’urgence est à la relation de cette délicieuse histoire. On rêve à ce que Robert Rodriguez et Quentin Tarentino pourraient tirer d’une histoire aussi aberrante et délicatement sordide.

Qu’on en juge. L’histoire commence pourtant classiquement. Un filou scélérat fomente l’enlevèment, le vol et le meurtre d’un particulier pécunieux, qui se trouve être l’amant de sa femme.

Rien que de classique. On n’est pas perdu. Les ennuis de notre tueur commencent en fait, à son insu, parce qu’il sollicite l’aide de l’un de ses amis pour mettre son forfait à exécution. Le tueur à gages est un homme qu’il connait depuis des années et en qui il peut avoir toute confiance : en liberté conditionnelle, ce dernier a été jugé coupable de meurtre au second degré et d’agression sexuelle.

Le tueur potentiel expose donc son plan à l’ex-détenu : une fois la victime sous contrôle, le tueur la fera entrer dans un jacuzzi, puis l’électrocutera en jetant dans l’eau une radio, après quoi il jettera le chat dans la baignoire pour faire croire à un accident.

Mais ce que l’infâme ignore, c’est que son ami a changé ; la canaille criminelle a rencontré Dieu en prison. C’est dorénavant l’amour et la crainte de Dieu qui emplissent cette âme désormais sauvée et promise à la lumière, et ne laissent nulle place à l’amour du lucre. L’idée qu’un homme va être tué et qu’il a laissé s’accomplir l’abominable forfait lui est odieuse. L’ex-taulard converti s’adresse à un agent du FBI et lui dévoile toute l’affaire.

Naturellement, des écoutes sont pratiquées, une plainte est déposée, le tueur potentiel est arrêté et inculpé.

Lecteur, ai-je besoin de m’appesantir sur la morale de cette histoire ? On ne s’attaque pas aux chats. Jamais. Sinon, comme tu le vois, c’est Dieu lui même qui étend sa main, y compris dans une âme criminelle, et leur porte secours.

Générique.

Encore sous le choc de cette histoire, vénéré lecteur, sache que la journée fut fertile, et que la main de Dieu a opéré en des lieux innombrables, comme avec ce prêtre, parti en croisière sur le Costa Concordia, alors qu’il avait prétendu partir en retraite spirituelle (on connait donc la cause du naufrage) ; dans ce coffre fort, qui ne contenait que 1.22 euros quand les cambrioleurs y sont parvenus ; dans le service des postes américains, qui a expédié par erreur (?) un lot de 16 kg de cocaïne à l’ONU. Sinon, penchez vous donc sur ce festival de musique annulé faute de toilettes, sur le cas de cet avocat qui porte plainte contre le mot provisoire, ou sur cet homme qui avait entassé 11 (onze) personnes dans sa berline. Les profondeurs des #IdiotDuJour sont insoupçonnables.

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