TOP ALBUM 2016. Les 50 meilleurs albums de l’année 2016 (Rangs 10 à 1)

Parce que toutes les bonnes choses ont une fin, place désormais aux dix meilleurs albums 2016. Sans chichis.

Attends un instant, bipède ! As-tu écouté les albums :

Classés entre la 50e et la 41e place ?

Classés entre la 40e et la 31e place ?

Classés entre la 30e et la 21e place ?

Classés entre la 20e et la 11e place ?

Bon, OK, tu es désormais au niveau.

10. Cubicolor – Brainsugar (Anjunadeep)

Le trio Cubicolor, composé du duo deep house 16 Bit Lolitas et de Tim Digby-Bell, s’est toujours fait une place à part dans le monde de la progressive house, tournant de plus en plus franchement vers la deep depuis le début de leur carrière commune (« Got This Feeling » en 2014). « Brainsugar », leur premier album, est à ce titre encore plus surprenant : après 18 mois de navettes deep/progressive, le son des néerlandais a gagné en émotion et en complexité mélodique ce qu’il a sacrifié sans crier gare quant à sa teneur dancefloor. Le résultat est, coup de force ultime d’une carrière météorique, impeccable.

Tracklisting:

  1. Intro 2:21
  2. Mirror Play 5:56
  3. Dead End Thrills 4:28
  4. Fictionalise 5:56
  5. Brainsugar 4:24
  6. Falling 4:28
  7. Nights In Bloom 8:02
  8. Machine Keys 3:32
  9. Black Vines 6:12
  10. Inscape 5:32
  11. Diver 5:25
  12. One False Step 5:12

Se procurer « Brainsugar » >> http://bit.ly/GP-10-Brainsugar

9. Schiller – Die Einlassmusik 11 & 12 (Sleepingroom)

La série des « Einlassmusik » de Schiller, que l’Allemand vend durant ses concerts (et a tendance à les jouer avant ses prestations), fait partie des plus longues et qualitatives séries ambient d’Europe. Elle est, presque sans surprise, l’une de mes références depuis une dizaine d’années désormais, ce qui m’avait quelque peu mal fait vivre ce hiatus de trois ans entre les 10e et 11e volume. Pour se faire pardonner, von Deylen publie non pas une mais deux pistes de décollage musical, toujours dix crans au-dessus de la concurrence.

Tracklisting von Die Einlassmusik 11:

  1. Teil I 6:53
  2. Teil II 5:47
  3. Teil III 5:47
  4. Teil IV 5:57
  5. Teil V 11:28
  6. Teil VI 10:22
  7. Teil VII 4:59

Tracklisting von Die Einlassmusik 12:

  1. Teil I 12:07
  2. Teil II 10:56
  3. Teil III 6:36
  4. Teil IV 10:19
  5. Teil V 2:06
  6. Teil VI 2:37
  7. Teil VII 4:13

Se procurer « Die Einlassmusik 11 & 12 » : compliqué par les canaux légaux…

8. Siavash Amini & Matt Finney – Familial Rot (Umor Rex)

De prime abord, « Familial Rot » pourrait passer pour un album aride. Armé de sa seule guitare et de son ordinateur, l’Iranien Siavash Amini livre ici quatre nappes stratosphériques, quelque peu teintées d’acidité, en collaboration avec Matt Finney. Mais Siavash Amini n’a pas été primé à plusieurs reprises dans ces colonnes (« Till Human Voices Wake Us », déjà sur Umor Rex, mais surtout « What Wind Whispered to the Trees », #2 en 2014) sans raison : « Familial Rot » se juge dans sa complexité, son amour de la nuance totale et bruitiste, ses progressions autant interminables que stellaires. Ce n’est pas un album facile, mais il n’en est pas moins indispensable.


Tracklisting:

  1. Whole Summer 08:48
  2. Your Daughters 08:30
  3. Halcyon 11:36
  4. Coyote 10:14

Se procurer « Familial Rot » >> http://bit.ly/GP-8-FamilialRot

7. A Winged Victory For The Sullen – Iris (OST) (Erased Tapes)

Adam Wiltzie et Dustin O’Halloran se laissent aller à l’exercice de la bande originale sous leur moniteur A Winged Victory For The Sullen, après un premier album éponyme et un second, « Atomos » (#1 en 2014), dansé plutôt que joué. Si « Iris » perd quelque peu en fraîcheur et spontanéité par rapport à ses deux illustres prédécesseurs, l’exercice particulier qu’est la BO l’imposant quelque peu, il n’en constitue pas moins un vertige quasi-perpétuel, obsédant et hypnotique, rendant plus tendu encore un film qui aurait dû l’être plus.

Tracklisting:

  1. Prologue Iris
  2. Retour Au Champs De Mars
  3. Fantasme
  4. Gare Du Nord Part One
  5. L’embauche
  6. Le Retour En Foret
  7. Metro Part Three
  8. Flashback Antoine
  9. Galerie
  10. Le Renversement
  11. Normandie
  12. Comme On A Dit

Se procurer « Iris » >> http://bit.ly/GP-7-Iris

6. Ben Lukas Boysen – Spells (Erased Tapes)

Le successeur officiel de « Gravity », vainqueur non-officiel du Top Album 2013 (si je ne l’avais pas découvert quelques jours trop tard), marque également l’intégration du génie Ben Lukas Boysen au sein de la désormais célèbre (le temps passe si vite…) écurie Erased Tapes. Si « Spells » manque quelque peu de cohérence et de profondeur pour rivaliser avec son prestigieux prédécesseur, il n’en reste pas moins une excellente porte d’entrée dans la discographie de Boysen/Hecq histoire, tout du long, de ne jamais se soustraire à cette sensation de vertige.

Tracklisting:

  1. The Veil 06:42
  2. Nocturne 3 03:39
  3. Sleepers Beat Theme 04:30
  4. Golden Times I 08:37
  5. Nocturne 4 06:47
  6. Keep Watch 06:02
  7. Golden Times II 05:44
  8. Selene 03:20

Se procurer « Spells » >> http://bit.ly/GP-6-Spells

5. Jóhann Jóhannsson – Orphée (Deutsche Grammophon)

« Orphée » est le faux frère du « Sleep » de Max Richter, déjà évoqué et récompensé dans ces colonnes, réalisé par son faux frère Jóhann Jóhannsson. Si l’exercice auquel se livre ici l’Islandais paraît légèrement plus répétitif que celui de l’Allemand, il l’emporte par contre sur le champ de l’émotion, déversée en torrents et teintée d’une enveloppante sensation de schizophrénie.

Tracklisting:

  1. Flight From The City 6:31
  2. A Song For Europa 2:34
  3. The Drowned World 2:21
  4. A Deal With Chaos 2:06
  5. A Pile Of Dust 4:51
  6. A Sparrow Alighted Upon Our Shoulder 2:27
  7. Fragment I 1:25
  8. By The Roes, And By The Hinds Of The Field 2:39
  9. The Radiant City 3:31
  10. Fragment II 2:12
  11. The Burning Mountain 2:46
  12. De Luce Et Umbra 2:29
  13. Good Morning, Midnight 3:18
  14. Good Night, Day 3:58
  15. Orphic Hymn 3:27

Se procurer « Orphée » >> http://bit.ly/GP-5-Orphée

4. Sarah Neufeld – The Ridge (Paper Bag)

« The Ridge » est un album capricieux, mais pouvait-on attendre autre chose de Sarah Neufeld (Arcade Fire) ? Ce second opus – après un premier produit par Nils Frahm – ne choisit jamais son camp entre post-rock frénétique et modern classical éclectique, le tout teinté d’une touche cinématique plus énergique que contemplative. Cette course contre la montre n’a pas vraiment de destination – le léger coup de mou en conclusion d’album en atteste. A moins qu’il ne constitue une ouverture pour la suite de l’aventure ?

Tracklisting:

  1. The Ridge 8:02
  2. We’ve Got a Lot 3:35
  3. They All Came Down 1:31
  4. The Glow 7:00
  5. Chase the Bright and Burning 4:53
  6. A Long Awaited Scar 9:03
  7. From Our Animal 5:26
  8. Where the Light Comes In 3:40

Se procurer « The Ridge » >> http://bit.ly/GP-4-TheRidge

3. Colin Stetson – Sorrow: A Reimagining of Gorecki 3rd Symphony (52Hz)

Le projet de Colin Stetson, complice – tiens ! – d’une certaine Sarah Neufeld, de s’attaquer à la célèbre troisième symphonie d’Henryk Gorecki avait clairement tout de l’exercice casse-gueule par excès de sens de la démonstration. Ce « Sorrow » est pourtant une franche réussite, justement parce qu’il se révèle franchement démonstratif : fidèle à la base de Gorecki, innovant par l’énergie supplémentaire que Stetson lui infuse, ce triptyque est une gifle mélodique d’une puissance rarement égalée.

Tracklisting:

  1. Lento — Sostenuto Tranquillo Ma Cantabile 28:25
  2. Lento E Largo — Tranquillissimo 10:13
  3. Lento — Cantabile-Semplice 13:45

Se procurer >> http://bit.ly/GP-3-Sorrow

2. Max Cooper – Emergence (Mesh)

Max Cooper a clairement passé un cap. Deux ans après son album introductif « Human », le producteur britannique poursuit et développe ses expérimentations, tout autant visuelles qu’auditives, avec un « Emergence » tout simplement impeccable. Tantôt mâtiné d’une electronica exigeants, tartiné de nappes glitch ou pulvérisé à coups de sérénades ambient voire IDM, cette tentative se mue en coup de maître inattendu, sensuel et sensoriel.

Tracklisting:

  1. Symmetry feat. Tom Hodge
  2. Seed feat. Kathrin deBoer
  3. Waves
  4. Distant Light
  5. Myth feat. Tom Hodge
  6. Order From Chaos
  7. Cyclic
  8. Impermanence feat. Kathrin deBoer
  9. Trust feat. Tom Hodge & Kathrin deBoer
  10. Organa
  11. Unbounded

Se procurer « Emergence » >> http://bit.ly/GP-2-Emergence

1. Sophie Hutchings – Wide Asleep (Preservation)

J’ai souvent eu quelques regrets de dernière minute à l’orée de la publication de mes précédents classements annuels, mes références se nourrissant constamment et laissant souvent (de moins en moins, certes, mais toujours un peu quand même) des albums méritants sur le bord de la route. Découverts trop tard, ou appréciés seulement sur la durée, ils auraient dû obtenir une certaine compensation : depuis le lancement de ce site, ils sont essentiellement au nombre de trois – « Becalmed » de Sophie Hutchings (2010), « Venia » de Ben Frost & Daniel Bjarnason (2010 aussi, clairement classé trop bas) et « Gravity » de Ben Lukas Boysen (2013).

Découvrir, à quelques semaines d’intervalle, Boysen et Hutchings sortir de nouveaux opus m’a instinctivement réveillé ce dilemme compensatoire, même s’il pourrait paraître quelque peu malhonnête. Si « Spells » m’a légèrement déçu (6e, voir plus haut), la première écoute de « Wide Asleep » m’a heureusement suffi à trouver un vainqueur incontestable à cette année, alors que mes habituels atermoiements et questionnements annuels sur cette satanée première place commençaient à m’inquiéter.

« Wide Asleep » est-il meilleur que « Becalmed » et que « Night Sky », 4e en 2013 mais qui aurait pu viser mieux durant une année moins fournie ? Ce nouvel opus me semble difficilement comparable, tant il en est un prolongement logique et surtout doté d’une cohérence nouvelle, immédiate et évidente, comme si cette histoire de quarante minutes était soudainement apparue en un éclair, une touche de piano ou un bruitage céleste.

« Wide Asleep » est un cauchemar hypnotique et schizophrénique, annihilant tout espace et toute réflexion superflue. L’histoire ici imposée transpire de classe et d’élégance, caressant les façades désormais presque trop confortables d’un modern classical maîtrisé avant de vous plaquer la tête contre le mur et de vous retrouver embarqué dans une dimension parallèle.

J’ai hésité, une ultime fois, lors de la publication de ce top 10, avec un invité de dernière minute que je conserverai uniquement en guise de cadeau de Noël (un opus inclassable… et publié un chouia tard pour mes oreilles endolories). En me retrouvant agenouillé devant cette « Dream Gate » ouvrant « Wide Asleep », les yeux un peu embués, le doute s’est rappelé à son inutilité persistante, dans une approche limite Kantienne… Jusqu’au prochain questionnement.

Tracklisting:

  1. Dream Gate 8:22
  2. Falling 10:16
  3. Living Light 4:39
  4. Memory I 7:06
  5. Memory II 5:18
  6. Blind Dance 8:06

Se procurer « Wide Asleep » >> http://bit.ly/GP-1-WideAsleep

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.