TOP ALBUM 2016. Les 50 meilleurs albums de l’année 2016 (rangs 50 à 41)

Place au traditionnel classement de fin d’année récapitulant les meilleurs médicaments musicaux mis sur le marché en 2016. Histoire de se mettre en jambes, voici les albums classés de la 50e à la 41e place.

Avant de débuter cette habituelle litanie de micro-chroniques par définition positives (histoire de changer de mes langue-de-puteries habituelles), un petit mea culpa aux labels, musiciens, producteurs et autres malades mentaux lisant habituellement ce site devant la faible activité de ce site cette année. Heureusement, l’audience a l’habitude de grimper en flèche une fois les dernières semaines de l’année venues…

50 – Cyril Secq & Orla Wren – Branches (Dronarivm)

C’est l’histoire d’une collaboration pas véritablement prévue comme telle : l’Ecossais Orla Wren avait ainsi fait appel à Cyril Secq, aperçu dans ces colonnes au sein de la formation astrïd, en tant que guitariste. C’est l’histoire d’une collaboration, effectivement, finalement prolongée : la six-cordes du Français se malaxe ici au sein de structures perchées entre folk contemporain et néo-classique à l’arrache, donnant lieu à un genre ambient, justement, d’un nouveau genre. C’est l’histoire d’une collaboration, donc, en partie frustrante sur ce premier opus en commun quelque peu répétitif, mais se finissant avec une « Huitième Branche » riche de promesses. C’est l’histoire d’une collaboration, donc, se définissant dans le futur.

Tracklisting:

  1. Première Branche 04:47
  2. Deuxième Branche 04:54
  3. Troisième Branche 04:04
  4. Quatrième Branche 04:40
  5. Cinquième Branche 02:52
  6. Sixième Branche 04:56
  7. Septième Branche 03:46
  8. Huitième Branche 04:40

Se procurer « Branches » >> http://bit.ly/GP-50-Branches

49 – Bruno Bavota – Out of the Blue (Sono Luminus)

A force de publier des albums, certes quelque peu monochromes, mais qualitativement impeccables, le compositeur néo-classique italien Bruno Bavota devient un habitué de ces modestes colonnes. Si « Out of the Blue » ne révolutionne pas son propre genre, surtout un an après un « Mediterraneo » à l’atmosphère similaire, Bruno Bavota impose une classieuse dose de calme dans un monde partant à vau-l’eau. Si l’approche n’est pas révolutionnaire, le résultat n’en reste pas moins propre et net – à condition de ne pas avoir été dégoûté par la forte vague néo-classique italienne s’étirant dans les continuités d’un Ludovico Einaudi irrégulier.

Tracklisting:

  1. Out of the Blue 2:48
  2. Mountains 4:25
  3. Marea 3:32
  4. Heartbeat 4:32
  5. Mr. Rail 1:55
  6. Passengers 4:17
  7. Lovers 3:02
  8. Beyond the Clouds 3:14
  9. Warm Embrace 4:33
  10. Dusk in the East 4:19
  11. Horizon 3:25
  12. Breath 4:59
  13. Snow 4:41

Se procurer « Out of the Blue » >> http://bit.ly/GP-49-OutOfTheBlue

48 – Trentemøller – Fixion (In My Room)

Etonnant (et un peu bandant) penchant new wave que propose le danois Anders Trentemøller avec son quatrième album « Fixion ». Plus proche des habituelles réferences new wave des années 80 que de la scène soft-electro des années 2000 dont il est pourtant issu, Trentemøller vend ici avec « Fixion » un mélange audacieux – quoique méchamment casse-gueule – entre new wave, electro glam et porno chic dans une production léchée mais perchée entre (au moins !) trois époques. Le pari est culotté et, globalement, réussi.

Tracklisting:

  1. One Eye Open 04:16
  2. Never Fade 05:15
  3. Sinus 04:15
  4. River In Me 02:55
  5. Phoenicia 04:09
  6. Redefine 04:46
  7. My Conviction 04:06
  8. November 06:48
  9. Spinning 06:07
  10. Circuits 03:59
  11. Complicated 04:21
  12. Where The Shadows Fall 05:09
  13. Redefine (Trentemøller Rework) 04:59

Se procurer « Fixion » >> http://bit.ly/GP-48-Fixion

47 – Dmitry Evgrafov – Pereehali (Senkino Recordings, re-release)

Le choix qui est le mien de mettre ici en avant « Pereehali » n’est évidemment pas tout à fait innocent. D’abord sorti en 2013, « Pereehali » a profité d’une ressortie pour être replacé au sein de ce classement, malgré deux sorties plus récentes. Porté par « Flutter » et « Anthem », « Pereehali » a un côté innocent que Dmitry Evgrafov, depuis repéré par 130701, a quelque peu perdu avec ses successeurs : perché entre Ludovico Einaudi et Michael Nyman, pas si éloigné d’un Nils Frahm minimaliste, Evgrafov rappelle ici à bon escient la vivacité d’une scène néo- et post-classique russe qui, depuis quelques années, semble avoir décidé de ne pas s’endormir sur ses historiques lauriers.

Tracklisting:

  1. Flutter 02:13
  2. Flow 03:42
  3. Apple Sunset 03:07
  4. Subtle Moves 03:46
  5. Inevitable Things 04:30
  6. Anthem 03:03
  7. Coming Home 06:33

Se procurer « Pereehali » >> http://bit.ly/GP-46-Pereehali

46 – Masayoshi Fujita & Jan Jelinek – Schaum (Faitiche)

« Schaum », fruit d’une riche collaboration entre Masayoshi Fujita (« Apologues » (2015), sur Erased Tapes) et Jan Jelinek, n’est en soi pas une nouveauté : les deux compositeurs s’étaient déjà entendus sur une précédente création commune, déjà sur Faitiche (« Bird, Lake, Objects » en 2010). Ce « Schaum » constitue un effort commun moins académique que l’habituelle cargaison stylistique de Jelinek, voire le résultat d’un rêve commun plus barré encore (mais moins naturaliste) que sur « Bird, Lake, Objects », suffisant pour donner à l’écoute de « Schaum » un sentiment d’urgence, celui qui se décide dans l’instant et se répète, à force, dans la période.

Tracklisting:

  1. Cin 5:33
  2. Helio 5:24
  3. Urub 4:27
  4. What You Should Know About Me 3:48
  5. Vague, Yet 4:14
  6. Botuto 5:13
  7. LesLang 4:23
  8. Parades 9:33

Se procurer « Schaum » >> http://bit.ly/GP-46-Schaum

45 – AWAKE – As We Fall (Jazz & People)

Dire que la scène jazz française connaît un coup de mieux depuis cinq ans n’est pas révolutionnaire. « As We Fall », le second album du groupe AWAKE mené par Anthony Jambon & Romain Cuoq, reste toutefois une belle surprise : le résultat d’un fin mélange entre jazz contemporain et élégance d’un modern classical finalement pas si éloigné est quelque peu rassurant. Le résultat est, probablement, terriblement parisien : s’il s’exporte évidemment mieux au Duc des Lombards qu’au Zénith de Clermont-Ferrand, il parvient toutefois à conserver, au fil des écoutes, la fraîcheur de l’opus qui ne demande qu’à être, même par accident, découvert sans préjugés.

Tracklisting:

  1. Winter Waltz I 01:58
  2. The Ballad of Baby C 05:44
  3. Unknown Song (feat. Emile Parisien) 07:25
  4. Snake 06:33
  5. As We Fall 05:27
  6. Imperfect Circle (feat. Emile Parisien) 05:45
  7. Hope 06:31
  8. Perpetual Motion 05:08
  9. Petite Chose 06:01
  10. Winter Waltz II (feat. Emile Parisien) 02:51

Se procurer « As We Fall » >> http://bit.ly/GP-45-AsWeFall

44 – Gregory Esayan – Pilgrim’s Diary (Silk Music)

Si le label Silk Music est depuis quelques années considéré comme l’un des plus amples fournisseurs de nouveaux talents sur la scène progressive house, l’exemple même du russe Gregory Esayan suffit à prouver que cette signature ne se limite pas à quelques tubes club bien placés sur « Group Therapy ». Sur ce second opus, Esayan ne se contente pas d’explorer les larges confins de la house plus ou moins deep qui lui a permis d’être repéré de manière épisodique : « Pilgrim’s Diary » est un voyage dans un univers éthéré mais toujours dansant, sans se préoccuper de l’heure du crime.

Tracklisting:

  1. Healer (Intro) (5:02)
  2. Changes (7:29)
  3. Make a Wish (7:33)
  4. Healer (8:59)
  5. Coastal Glow (7:01)
  6. Taxi (7:42)
  7. Awaken Sleepwalker (6:08)
  8. Numb Capsule (6:31)
  9. Game of Hearts (6:53)
  10. See You Soon (6:28)
  11. Changes (Radio Edit) (3:58)
  12. Coastal Glow (Radio Edit) (4:00)
  13. Numb Capsule (Radio Edit) (3:54)
  14. International (Bonus Track) (6:42)

Se procurer « Pilgrim’s Diary » >> http://bit.ly/GP-44-PilgrimsDiary

43 – David Bowie – Blackstar (Columbia Records)

Certes, « Blackstar » n’est pas le meilleur de David Bowie. Ce n’est pas l’opus qui l’aura poussé le plus loin dans ses retranchements, ses délires stylistiques et ses crises d’innovation schrizophrénique. La question s’est toutefois déjà posée à de nombreuses reprises : Bowie pouvait-il nous accorder la grâce d’un album plus adéquat que « Blackstar », dans son obscurité toute et complète, deux jours avant qu’il ne soit rappelé parmi les non-siens ? Leonard Cohen, malheureusement, n’apportera pas de réponse plus appropriée à ce propos égoïste, sauf à nous retranscrire par leur absence le miroir de notre propre manque d’idoles.

Tracklisting:

  1. ★ 9:58
  2. ’Tis a Pity She Was a Whore 4:53
  3. Lazarus 6:22
  4. Sue (or In a Season of Crime) 4:40
  5. Girl Loves Me 4:52
  6. Dollar Days 4:45
  7. I Can’t Give Everything Away 5:47

Se procurer « Blackstar » >> http://bit.ly/GP-43-Blackstar

42 – ANOHNI – Hopelessness (Secretly Canadian)

Pondre son classement des meilleurs albums de l’année confère, parfois, une pression particulière – même pour l’auteur de ces modestes lignes. Si ANOHNI a été tant encensée pour « Hopelessness », c’est souvent pour la production trop léchée d’un Hudson Mohawke mais, surtout, d’un Oneohtrix Point Never aussi peu inspiré que d’habitude. Une impression globalement trop prétentieuse : l’ancienne tête pensante d’Antony & The Johnsons a heureusement de la suite dans ses idées, illuminant de sa grâce et sa révolte un « Hopelessness » casse-gueule mais maîtrisé, porté par les impeccables « Drone Bomb Me » et « 4 Degrees », déclamations de révolte portant dans un vide presque volontaire.

Tracklisting:

  1. Drone Bomb Me 04:10
  2. 4 Degrees 03:51
  3. Watch Me 03:26
  4. Execution 03:38
  5. I Don’t Love You Anymore 05:00
  6. Obama 04:11
  7. Violent Men 02:10
  8. Why Did You Separate Me from the Earth? 03:36
  9. Crisis 04:42
  10. Hopelessness 03:54
  11. Marrow 03:01

Se procurer « Hopelessness » >> http://bit.ly/GP-42-Hopelessness

41 – Olafur Arnalds – Island Songs (Erased Tapes)

L’islandais Olafur Arnalds n’en est, avec « Island Songs », pas à son premier projet chronométrique, découvert au fil des jours avec ses fidèles communautés. Cet opus particulier diffère en soi assez peu de ses précédents efforts similaires, si ce n’est sa volonté de rendre un hommage fourni et documenté à son île natale. L’Islande trouvera dans « Island Songs » une pensée honorable, réfléchie, surélevée par des pistes de toute beauté comme « Parcels » : elle y découvrira, avec moins de doute, l’étincelle ayant amené certains européens à se questionner sur le partage philosophique du gâteau islandais. Heureusement, ce dernier reste pour l’heure jalousement surveillé…

Tracklisting:

  1. Árbakkinn (feat. Einar Georg) 4:52
  2. 1995 (feat. Dagný Arnalds) 4:00
  3. Raddir (feat. South Iceland Chamber Choir) 4:11
  4. Oldurot (feat. SinfoniaNord & Atli Örvarsson) 4:27
  5. Dalur (feat. Brasstríó Mosfellsdals) 3:59
  6. Particles (feat. Nanna Bryndís Hilmarsdóttir) 3:55
  7. Doria 3:17

Se procurer « Island Songs » >> http://bit.ly/GP-41-IslandSongs

Et donc ? Voici les albums classés de la 20e à la 11e place

Et pour finir ? Voici ceux classés aux 10 premières places

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.