ALBUM. Armin van Buuren – Club Embrace

Histoire d’acter de manière quasi-définitive son abandon de la scène trance, le DJ néerlandais Armin Van Buuren laisse ses titres se faire remixer dans tous les sens… en version deep ou progressive. « Club Embrace » est ainsi, sans surprise, meilleur que l’ « Embrace » de 2015…

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Peut-on vraiment lui donner tort ? Armin Van Buuren, cinq fois vainqueur du renommé « DJ Mag Award » du meilleur DJ de l’année (de 2007 à 2012, seulement interrompu une fois par… David Guetta), s’est laissé griser par cette récompense fut un temps prestigieuse. Si, depuis, ce même trophée, après avoir récompensé Sasha, John Digweed, Paul Van Dyk ou encore Tiësto (dans sa grandeur), a mis en avant quatre bolosses que sont Hardwell (le moins médiocre), Dimitri Vegas & Like Mike puis Martin Garrix, Armin van Buuren reste toutefois dans le top 5 – même si, depuis deux ans, les trois ignominies précédemment nommées le précèdent, et que lui-même précède toujours le même Tiësto.

Verwest comme van Buuren illustrent, de manière décalée, le dilemme s’opérant pour les DJ trance populaires constatant avec effroi que les foules les plus jeunes n’arrivent plus à danser une fois la barre des 130 bpm dépassée. Si cela, pour le vieux con que je suis, suffit à me laisser dire qu’il s’agit ici de plaire à une génération aussi médiocre que perdue, le pari (assumé) de Tiësto et (de moins en moins refoulé) de van Buuren (voire d’Above & Beyond) de passer du côté EDM de la force ne leur a pas permis de reconquérir ce titre pseudo-suprême… sans pour autant être largué face à la nouvelle génération. Difficile donc, d’un strict point de vue commercial, de décider si ce choix est une bonne décision ou pas.

Revenons à van Buuren puisqu’au contraire de Tiësto, son podcast « A State of Trance » contient encore quelques pistes du genre sus-cité. Après un « Embrace » de fort mauvaise facture, après un « Intense » pas si intense, Armin Van Buuren s’est dit qu’il ne serait pas illogique, même commercialement parlant, de donner à sa discographie longue de près de deux décennies un coup de jeune… ralenti. Les labels « deep » pullulent en effet comme jamais : Anjunadeep puis Suara ont donné le ton, Spinnin’ et bien sûr Armada s’étant depuis réapproprié le terrain.

Ce « Club Embrace », par conséquent étrangement nommé puisqu’étant ni vraiment « Club » (au sens buurenien du terme) ni même « Embrace » (seuls « Gotta Be Love » et « Hands to Heaven » sont ici revisités), invite ainsi une intéressante palette de producteurs deep house, progressive voire space trance ralentie (suivez mon regard se fixant sur Gai Barone) à donner une nouvelle couleur aux classiques d’Armin Van Buuren. Le résultat est évidemment inégal et les matériaux de travail plus ou moins compatibles à ce ralentissement parfois abrupt : le tracklisting, s’il fait bien sûr la part belle au duo Ruben de Ronde (coéquipier de van Buuren sur A State of Trance plus Statement! Music) et Rodg (frangin du précédent), comporte peu de fautes de goût.

A noter, parmi les titres se détachant de la masse : Gai Barone, tiens donc, qui fait un superbe travail sur l’excellent « Intruder » (avec M.I.K.E devenu M.I.K.E. Push), Ruben de Ronde et Rodg qui font du bon travail respectivement sur « Waiting for the Night » et « Bounce Back » ou encore le duo Sudhaus (Mike Koglin + MoodFreak) qui délivre deux pistes de bonne facture. Certaines sorties de route sont bien sûr à noter, mais il reste toujours préférable de voir Armin van Buuren développer cette vision du ralentissement des pistes trance plutôt que celle, depuis trop longtemps privilégiée, de l’EDM pompier. Qui, malgré tout ce battage, ne lui aura pas permis de sauvegarder sa place sur le podium DJ Mag…

Tracklisting:

CD 1

  1. Club Embrace (Intro)
  2. Hymne (Martin Roth Remix) (feat. Jan Vayne)
  3. In And Out Of Love (Diversion Remix) (feat. Sharon den Adel)
  4. In 10 Years From Now (Naden Remix)
  5. Burned With Desire (LTN Sunrise Remix) (feat. Justine Suissa)
  6. Face To Face (Dousk Remix)
  7. Last Stop Before Heaven (Ruben de Ronde Remix)
  8. Unforgivable (Matteo Monero Remix) (feat. Jaren)
  9. Another You (Stoneface & Terminal present Gundamea Remix) (feat. Mr. Probz)
  10. Waiting For The Night (Ruben de Ronde Remix) (feat. Fiora)
  11. Feels So Good (LTN Sunrise Remix) (feat. Nadia Ali)
  12. Beautiful Life (Sebastien Remix) (feat. Cindy Alma)
  13. Gotta Be Love (Re:Locate & Robert Nickson present Aeris Remix) (feat. Lyrica Anderson)

CD 2

  1. Never Say Never (Namatjira Remix) (feat. Jacqueline Govaert)
  2. This World Is Watching Me (Solid Stone Remix) (vs Rank 1 feat. Kush)
  3. Control Freak (John O’Callaghan presents Henrik Zuberstein Remix)
  4. Bounce Back (Rodg Remix) (feat. DJ Remy & Roland Klinkenberg)
  5. Sunburn (Navar Remix)
  6. Mirage (Martijn ten Velden Remix)
  7. Rush Hour (Mike Koglin & MoodFreak present Sudhaus Remix)
  8. Sail (Mike Koglin & MoodFreak present Sudhaus Remix)
  9. Blue Fear (Paolo Mojo Remix)
  10. This Is What It Feels Like (Matt Lange Remix) (feat. Trevor Guthrie)
  11. Zocalo (THNK Remix) (feat. Gabriel & Dresden)
  12. Intruder (Gai Barone Remix) (vs M.I.K.E.)
  13. Communication (BORDERLESS Remix)
  14. Pulsar (Roddy Reynaert Remix)
  15. Hands To Heaven (Rodg Remix) (feat. Rock Mafia)

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.