ALBUM. Ólafur Arnalds – Island Songs

A l’instar de ses précédents projets « Found Songs » et « Living Room Songs », le compositeur islandais Ólafur Arnalds s’est à nouveau astreint à une forte contrainte temporelle pour publier, au vu et su de tout le monde, un album à part entière. C’est encore ce qu’il sait faire de mieux.

olafur arnalds island songs gwendalperrin.net

Il aurait été dommage qu’Ólafur Arnalds, le succès venant, stoppe ce qui lui a permis de parvenir à ses sommets actuels. Le compositeur islandais, révélé par l’inégalé « Eulogy For Evolution » en 2008, a ajouté deux cordes particulières à sa discographie désormais pléthorique : « Found Songs » (2009) et « Living Room Songs » (2011), deux opus à libre disposition de l’auditeur où la contrainte temporelle est forte (une chanson par jour).

Pour le troisième album de ce type, Ólafur Arnalds a légèrement modifié ses propres règles en ne proposant qu’un titre par semaine, mais y ajoutant un double degré de difficulté : une ville différente à chaque fois (et donc une histoire, un contexte particulier) et une vidéo tournée dans l’instant, presque en instantané comme sur « Living Room Songs ».

Si, depuis cet opus particulier, Arnalds a publié autre chose que des merveilles (le dispensable « For Now I Am Winter » en étant la meilleure illustration), l’Islandais, désormais établi dans la catégorie des « Must Follow », n’a heureusement pas renié toutes ses racines musicales (en dehors de sa période pré-modern classical, perdue dans un délire metal lointain).

Ces sept « Island Songs », respectivement créées à Hvammstangi, Önundarfjörður, Selvogur, Akureyri, Mosfellsdalur, Garður et finalement Reykjavik, sont sept réussites sonores auxquelles Ólafur Arnalds ne nous avait presque plus habituées. Ce retour aux sources, sous une contrainte faussière, cumule la beauté des mélodies régénérées et la sincérité d’une entreprise presque intime, chaque passage, localité, parcelle, étant l’occasion d’un rappel historique voire personnel, chaque Islandais pouvant croiser sa propre ombre à chaque coin de son propre territoire. Mention spéciale aux certes larmoyants « Raddir » et surtout « Particles », seul titre véritablement vocal de l’ensemble, qui parvient via la voix de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir à faire frissonner mon corps souffreteux, entouré de particules de chaleur caniculaire à la parisienne.

Tracklisting:

  1. Árbakkinn (feat. Einar Georg)
  2. 1995 (feat. Dagný Arnalds)
  3. Raddir (feat. South Iceland Chamber Choir)
  4. Oldurot (feat. SinfoniaNord & Atli Örvarsson)
  5. Dalur (feat. Brasstríó Mosfellsdals)
  6. Particles (feat. Nanna Bryndís Hilmarsdóttir)
  7. Doria

(La playlist Youtube est dans le mauvais sens, mais là n’est vraiment pas l’essentiel)

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.