ALBUM. Matt Lange – Patchwork

Second album studio pour l’Américain Matt Lange sur mau5trap, quelques mois seulement après « Ephemera » : « Patchwork » poursuit la trajectoire alors engagée, entre electronica et minimal techno, jusqu’à un (double) vertige vocal final.

matt lange patchwork gwendalperrin.net

Sept années ont passé depuis les premières sorties studio de Matt Lange, d’abord sur S107 avant un long bail chez Anjunabeats/Anjunadeep, collaborant avec des artistes aussi réputés dans les sphères progressive/house que Boom Jinx, Andrew Bayer, les vocalistes Cristina Soto et Kerry Leva, avant d’explorer ces derniers temps des sonorités plus technoïdes dans l’épicerie de deadmau5, mau5trap.

Son premier album studio « Ephemera », sorti en 2015, a permis au Californien Matt Lange de changer de statut, de celui d’un faiseur de tubes plutôt réfléchis (« In And Out of Phase », « Rift », « Quadcore ») à un producteur établi capable de fulgurances horaires. Sa techno, aussi sombre que minimale, tambourine plus aux portes de Kiasmos ou Tale of Us plutôt qu’à celles d’un UMEK ou d’un Sander van Doorn inspiré (ce qui, je vous l’accorde, est rare depuis cinq ans).

« Patchwork », entre le LP à proprement parler et l’EP prolongé, est le résultat conjoint d’un quasi-accident de timing et d’une continuité stylistique dans la lignée d’ « Ephemera ». “Patchwork was initially conceived as an EP of modular synthesizer based techno; however, some unexpected life events ended up expanding the scope of the project. I’ve been playing out much of the club side of Patchwork for the past 6 months, whereas the vocal pieces towards the end expand upon themes begun on Ephemera.”

Se sont ainsi ajoutées à ces cinq premières pistes aux basslines ciselées et puissantes deux épiphénomènes vocaux, l’ambient « Empty Walls » et le drumstep « Consider This », paradoxalement les deux meilleures chansons de l’ensemble, humanisant un ensemble qui se serait révélé in fine assez froid sans ces ajouts intimistes, presque impudiques placés à côté des précédentes mélopées dé-mélodiques.

Tracklisting:

  1. Tempi Disarming (9:18)
  2. Basimilus (8:28)
  3. Hertz, Don’t It (9:06)
  4. Elementally, my Dear Watson (8:09)
  5. Q.V.C.A.M.X. (8:44)
  6. Empty Walls (6:25)
  7. Consider This (6:01)

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager, enseignant-raconteur de blagues et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.