TOP ALBUM 2015. Les meilleurs albums de l’année (15-11)

C’est l’heure du traditionnel raout de fin d’année et de l’habituelle rétrospective : quels albums auront marqué cette année 2015 ?

gwendalperrin.net top album 2015 1511

Que retenir de cette année musicale 2015 ? Globalement plus riche que la précédente cuvée, elle s’est caractérisée par une foultitude d’albums ambient de qualité, d’indie rock à foison, de Mylène Farmer… mais, et c’est un reproche de plus en plus fréquent dans mes lignes, très peu d’albums d’exception manifeste.

Je m’étais jusqu’à présent cantonné à n’évoquer que les 20 meilleurs albums de l’année (j’en avais plastronné 25 voire 40 dans mes jeunes années) mais comme je suis un peu fou dans ma tête (et que j’ai eu un mal de chien, voire même de chaton, à effectuer une classification satisfaisante), ce sont pas moins de 50 albums qui seront évoqués.

(Et encore, j’en ai enlevé en dernière ligne droite).

Voici, pour poursuivre sur notre lancée, les albums classés de la 15e à la 11e place.

(Et tu peux aussi écouter ceux classés entre la 16e et la 20e placeentre la 21e et la 25e place, ceux entre la 26e et la 30e, ceux entre la 31e et la 40e et, même, ceux entre la 41e et la 50e.)

(Et, seulement, après, tu pourras écouter les dix meilleurs, voire même plus spécifiquement les cinq meilleurs)


15. Saffronkeira – Synecdoche (Denovali)

gwendalperrin.Net saffronkeira synecdoche

L’Italien Eugenio Caria alias SaffronKeira, pour son 4e album, s’est entiché des services d’une impressionnante palette de contributeurs bien connus pour la plupart des (rares) amateurs de ces modestes colonnes. Se rencontrent ainsi Sebastian Plano, Siavash Amini, Subhelm ou encore Witxes sur « Synecdoche », nouvel hymne à l’apesanteur.

Plus encore que sur ses trois précédents opus, « A New Life », « Tourette » et « Cause & Effect » avec Mario Massa, la frontière entre ambient, drone et jazz expérimental se dissout ici dans un magma de sonorités inquiétantes, par rares instants lumineuses. Malgré la diversité et la pluralité des collaborations ici présentées, c’est un désert, inégal et multicolore, aux cinquante nuances de gris parfois irisées, qui est ici offert à la contemplation de l’auditeur douteux, les rythmiques délicates de l’ensemble n’étant ici plus que repaires et repères pour ne point se perdre au cours de ce voyage.

Tracklisting:

  1. Greguería (with Siavash Amini & Idlefon) 6:42
  2. Paradigmatic (with Subheim) 5:43
  3. Aforisma (With Witxes) 6:24
  4. Ouevre (With Sebastian Plano) 4:15
  5. Chthonian (with Mia Zabelka) 6:31
  6. Syntagmatic (With Field Rotation) 5:32
  7. Epifonema (with Witxes) 8:06
  8. Metonymy 4:57
  9. Memory Of Noone 7:51

Se procurer « Synecdoche » de Saffronkeira ? >>ICI<<, depuis le 1er novembre, sur Denovali.


14. Björk – Vulnicura (One Little Indian)

gwendalperrin.net bjork vulnicura album cover

Effort prématuré de par sa sortie anticipée, rallongé de par le temps nécessaire à sa conception, « Vulnicura » est l’un des travaux les plus humbles et, paradoxalement, parmi les meilleurs de l’Islandaise Björk.

Album de ruptures, donc, dans tous les sens du terme. Même si « Vulnicura » a cette impudeur de la fin d’une relation amoureuse contée et décomptée au fil du temps (l’ordre des chansons de l’album suit les différentes phases de cette fin, ante- et post-), l’album n’en reste pas moins bouleversant de par son minimalisme d’effets et sa sur-efficacité mélodique, qui semblait avoir quitté les gènes de la native de Reykjavik depuis plusieurs albums.

Tracklisting:

  1. Stonemilker 6:49
  2. Lionsong 6:08
  3. History of Touches 3:00
  4. Black Lake 10:08
  5. Family 8:02
  6. Notget 6:26
  7. Atom Dance 8:09
  8. Mouth Mantra 6:09
  9. Quicksand 3:45

Se procurer « Vulnicura » de Björk ? >>ICI<<, depuis le 20 janvier, sur Little Indian.


13. Max Richter – Sleep / From Sleep (Deutsche Grammophon)

gwendalperrin.net max richter sleep

Il n’est, heureusement, pas qu’un surpuissant somnifère. Le nouvel album du prolifique compositeur allemand Max Richter « Sleep » (« From Sleep » étant sa version expurgée) a de volontaires allures de bande originale infinie, doucereuse comme de l’ambient indienne infligée sur toute la période d’une nuit ou d’une vie.

Hymne à la réflexion méditative, petit-fils lointain des « Variations Goldberg » de Bach, cet ensemble piano/cordes/voix/électronique ne sombre – presque – jamais dans le simple délire new age et se contente, exploit notable dans la durée, de qualifier et requalifier une parenthèse de vie, interlude bienfaisant offrant à sa conclusion une vue déprimée sur un monde toujours plus hostile.

Tracklisting:

  1. Dream 1 (Before the wind blows it all away) 18:31
  2. Cumulonimbus 10:09
  3. Dream 2 (Entropy) 10:02
  4. Path (7676) 11:00
  5. Whose name is written on water 11:15
  6. Patterns (Cypher) 2:47
  7. Solo 6:53
  8. Aria 1 11:06
  9. Return 2 (Song) 16:46
  10. Nor earth, nor boundless sea 19:17
  11. Dream 11 (Whisper music) 18:54
  12. Moth-like stars 28:53
  13. Path 17 (Before the ending of daylight) 26:52
  14. Space 26 (Epicardium) 6:56
  15. Patterns (Lux) 16:43
  16. Constellation 1 6:56
  17. Constellation 2 15:20
  18. Space 2 (Slow waves) 7:42
  19. Chorale / Glow 25:29
  20. Dream 19 (Pulse) 18:53
  21. Cassiopeia 19:36
  22. Non-Eternal 23:50
  23. Song / Echo 4:59
  24. Aria 2 11:02
  25. Never fade into nothingness 9:41
  26. Return 16 (Time capsule) 24:25
  27. If you came this way 14:29
  28. Space 17 (Chains) 17:59
  29. Sublunar 25:22
  30. Dream 17 (Alpha) 28:47
  31. Dream 0 (Till break of day) 33:47

Se procurer « Sleep » de Max Richter ? >>ICI<<, depuis le 4 septembre, sur Deutsche Grammophon.

Tracklisting « From Sleep »:

  1. Dream 3 (in the midst of my life) 10:04
  2. Path 5 (delta) 11:14
  3. Space 11 (invisible pages over) 5:16
  4. Dream 13 (minus even) 8:53
  5. Space 21 (petrichor) 4:48
  6. Path 19 (yet frailest) 7:51
  7. Dream 8 (late and soon) 11:53

Se procurer « From Sleep » de Max Richter ? >>ICI<<, depuis le 4 septembre, sur Deutsche Grammophon.


12. Olan Mill – Cavade Morlem (Dronarivm)

gwendalperrin.net olan mill cavade morlem

Projet de doublette à l’origine, épopée solo d’Alex Smalley depuis le départ de Svitlana Samoylenko depuis « Paths », Olan Mill est sans réelle contestation l’une des formations ambient les plus respectées/respectables/miaou des dernières années. La première écoute (et les suivantes) du nouvel opus « Cavade Morlem » permettent aisément d’expliquer cette attirance quasi-automatique.

Même si « Cavade Morlem » n’a pas l’aura mélodique d’un « Paths », il s’octroie à la place le droit d’ajouter un soupçon de grâce stratosphérique à l’ambient, jusqu’à présent entre-deux-terres, ici tout à fait aérienne, d’Olan Mill. Parenthèse enchantée mais lucide (ou le contraire), « Cavade Morlem » perd en génie complexe ce qu’il emporte en efficacité immédiate, comme une morphine sans contreparties ou un verre de Tanqueray pur sans effets secondaires. L’instant retrouvé.

Tracklisting:

  1. Chort 1:52
  2. Tallole 4:11
  3. Novnal 2:02
  4. Gurriva 4:11
  5. Lighul 1:54
  6. Mussart 7:15
  7. Byruck 2:08
  8. Somimes 4:24
  9. Feina 2:10
  10. Live at the Millennium Barn 7:06

Se procurer « Cavade Morlem » d’Olan Mill ? >>ICI<<, depuis le 13 juillet, sur Dronarivm.


11. Nils Frahm – Victoria (OST) (Erased Tapes)

gwendalperrin.net nils frahm victoria OST

L’entrée dans le monde cinématographique du compositeur allemand Nils Frahm a logiquement constitué une surprise pour à peu près personne, sauf d’éventuels naïfs revenus de Pluton, tant cette rencontre d’univers paraissait évidente – encore fallait-il une opportunité suffisamment séduisante de part et d’autre pour lancer la machine.

Le thriller à la sauce Berghain qu’est « Victoria » fut donc cette première occasion. Au film serré et oppressant derrière sa façade aguicheuse, Frahm ajoute une touche de délicatesse ironique, moelleuse, presque sexuelle, à un tout qui aurait pu l’être dans un tout autre scénario. Ce contraste pianistique, atmosphérique, prend ici une saveur particulière et suffisamment malsaine pour se consommer comme un plaisir coupable, renouvelable en permanence.

Tracklisting:

  1. DJ Koze – Burn With Me (Victoria Edit)
  2. Our Own Roof
  3. A Stolen Car
  4. In The Parking Garage
  5. Them
  6. The Bank
  7. The Shooting
  8. Nobody Knows Who You Are
  9. Pendulum
  10. Deichkind – Happy New Fear (Bonus Track)
  11. DJ Koze – Marilyn Whirlwind (Bonus Track)

Se procurer « Victoria (OST) » de Nils Frahm ? >>ICI<<, depuis le 14 juin, sur Erased Tapes.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.