TOP ALBUM 2015. Les meilleurs albums de l’année (25-21)

C’est l’heure du traditionnel raout de fin d’année et de l’habituelle rétrospective : quels albums auront marqué cette année 2015 ?

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Que retenir de cette année musicale 2015 ? Globalement plus riche que la précédente cuvée, elle s’est caractérisée par une foultitude d’albums ambient de qualité, d’indie rock à foison, de Mylène Farmer… mais, et c’est un reproche de plus en plus fréquent dans mes lignes, très peu d’albums d’exception manifeste.

Je m’étais jusqu’à présent cantonné à n’évoquer que les 20 meilleurs albums de l’année (j’en avais plastronné 25 voire 40 dans mes jeunes années) mais comme je suis un peu fou dans ma tête (et que j’ai eu un mal de chien, voire même de chaton, à effectuer une classification satisfaisante), ce sont pas moins de 50 albums qui seront évoqués.

(Et encore, j’en ai enlevé en dernière ligne droite).

Voici, pour poursuivre sur cette lancée, les albums classés de la 25e à la 21e place.

(En écoute : les albums entre la 11e et la 15e placeentre la 16e et la 20e place, ceux entre la 26e et la 30e place, ceux entre la 31e et la 40e place et ceux entre la 41e et la 50e place)


25. Arash Akbari – Vanishing Point (Flaming Pines)

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Album aussi équilibré qu’entraînant un déséquilibre continu, le « Vanishing Point » de l’Iranien Arash Akbari confirme à la fois l’excellente tenue de la scène ambient/drone iranienne (en compagnie notamment d’un certain Siavash Amini qu’on retrouvera un peu plus haut dans ce classement) et l’importance rappelée (et rappelable) de la violence de la nature dans la musique minimaliste. **C’était l’interlude COP21 de ce #Top50**

Suite directe de son premier EP « Cracked Echoes » publié du côté du label nantais Soft (à se procurer ici), « Vanishing Point » accentue la violence des pérégrinations jusqu’alors entamées, routes escarpées aux destinées incertaines, bande originale de guitares plaintives sur un fond visuel désertique. Pourvu, toutefois, que la suite gagne à nouveau en maturité histoire, espérons-le, de balayer tout le monde via des rafales de beauté ocre.


24. Alva Noto – Xerrox vol. 3 (Raster Noton)

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On pourrait considérer ce troisième épisode de la série « Xerrox » de l’Allemand Alva Noto comme peu spectaculaire, voire limite paresseux : évoquons, par honnêteté intellectuelle, cette crainte préalable avant de la balayer d’un coup de Swiffer auditif.

Suite et paradoxe des deux précédents épisodes, cette symphonie orchestrale déstructurée poursuit l’une des oeuvres ambient d’ensemble les plus exceptionnelles du 21e siècle, de manière probablement moins démonstrative voire émotive de manière brute (pourquoi n’utilise-t-on pas le faux adverbe brutement ?), mais avec une maîtrise qui frôle le vertige. Et, au cas où vous l’ignorerez, la série « Xerrox » est conçue pour accueillir… cinq opus.


23. Foals – What Went Down (Warner)

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Voici l’un des rares albums présents à la fois dans ce #Top50 et dans celui de vos sites musicaux supposément anti-mainstream préférés, du vénérable Consequence of Sound aux plus dispensables Inrocks. Tant pis, par conséquent, de le dire : le nouvel album de Foals est très bon.

A l’instar d’un Tame Impala, dont le « Currents » a raté le #Top50 pour peu, « What Went Down » est d’abord amené par un single introductif imparable, « Let It Happen » d’un côté, « A Knife in the Ocean » dans le cas présent. La qualité est indéniable, maîtrisée, totale et par moments assez vertigineuse : tout juste pourrait-on craindre, mais certains semblent déjà le reconnaître sur cette nouvelle galette, que Foals tende à l’auto-parodie histoire de devenir de nouveaux Oasis ou Arctic Monkeys : pourvu, effectivement, qu’ils évitent ce qui s’apparenterait à un naufrage intégral.


22. Evan Caminiti – Meridian (Thrill Jockey)

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Aux portes de mon podium personnel au milieu d’année, le cinquième opus solo d’Evan Caminiti se maintient ce coup-ci aux portes du #Top20, le déluge d’émotions contradictoires de la première écoute ayant probablement maturé depuis lors.

Il faut, instinctivement, de la patience pour sentir les effluves explosives des séquences de Caminiti dans vos oreilles exigeantes – mais toujours moins longtemps que pour n’importe quel album d’ambient/drone chroniqué dans ces colonnes. Cette patience toute cinématographique n’est évidemment pas anodine : elle est même centrale, incitative à l’abandon voire à la dévotion. Qui s’en plaindra ?


21. Goldmund – Sometimes (Western Vinyl)

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Goldmund alias Keith Kenniff (alias Helios, aussi) n’est pas un complet inconnu de ces modestes colonnes : « Sometimes », son nouvel opus sorti il y a quelques semaines du côté de Western Vinyl, nous permet de nous rappeler pourquoi.

Cet hymne à l’errance se permet le luxe d’inviter en guest le compositeur japonais Ryuichi Sakamoto, ce qui augure, pour les néophytes, de la qualité primale du bonhomme ici présenté. L’album en question est du même acabit : réinvention perpétuelle autour du motif pianistique, il parvient à ne jamais lasser tout en ne se réinventant jamais tout à fait – mais pourquoi faire ?

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Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.