TOP ALBUM 2015. Les meilleurs albums de l’année (30-26)

C’est l’heure du traditionnel raout de fin d’année et de l’habituelle rétrospective : quels albums auront marqué cette année 2015 ?

top album 2015 gwendalperrin.net 3026

Que retenir de cette année musicale 2015 ? Globalement plus riche que la précédente cuvée, elle s’est caractérisée par une foultitude d’albums ambient de qualité, d’indie rock à foison, de Mylène Farmer… mais, et c’est un reproche de plus en plus fréquent dans mes lignes, très peu d’albums d’exception manifeste.

Je m’étais jusqu’à présent cantonné à n’évoquer que les 20 meilleurs albums de l’année (j’en avais plastronné 25 voire 40 dans mes jeunes années) mais comme je suis un peu fou dans ma tête (et que j’ai eu un mal de chien, voire même de chaton, à effectuer une classification satisfaisante), ce sont pas moins de 50 albums qui seront évoqués.

(Et encore, j’en ai enlevé en dernière ligne droite).

Voici, pour poursuivre sur ma lancée, les albums classés de la 30e à la 26e place.

(Au préalable, voici ceux situés entre la 50e et la 41e place.)

(Et, tant qu’on y est, ceux entre la 40e et la 31e place.)

(Et, même, ceux entre la 25e et la 21e place.)

(Et, youpla, ceux entre la 16e et la 20e place.)

(Et, youhou, ceux entre la 15e et la 11e place.)


30. Christian Scott – Stretch Music (Ropeadope)

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Réinventeur contemporain du jazz de papa, bien plus proche d’un Miles Davis en transe qu’un vulgaire opérateur de soirée privée au fin fond du 7e arrondissement, Christian Scott livre avec son 5e album une partition, une nouvelle fois, d’un fort haut niveau.

Poursuivant ses expérimentations stylistiques entre jazz, electronica, fusion, RnB voire carrément minimal techno, Scott ne parvient pas à reproduire sur la durée l’hallucinante cohérence qualitative d’un « Yesterday You Said Tomorrow » (2010) mais parvient toutefois à recréer des moments de grâce énergique dont lui seul a le secret.

>> RETOUR SUR « STRETCH MUSIC » DE CHRISTIAN SCOTT <<


29. Anoice – Into The Shadows (Ricco Label)

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Méconnus en dehors des frontières de leur archipel, les Japonais d’Anoice ont pourtant le mérite, depuis 11 ans désormais, de proposer l’une des plus constantes et intéressantes fusions entre post-rock et modern classical, avant même que cette connivence soit socialement acceptée.

« Into The Shadows » confirme cette perspective avec un son aquillin mais puissant, classieux mais suffisamment accessible pour, certes, vous faire recaler dans les inexistantes soirées intégristes anti-mainstream (devrais-je les créer ?), mais en tout cas vous permettre de développer de nouveaux horizons mélodieux en société, devant vos proches ou une montagne isolée, toute assistance méritant probablement un tel traitement.

>> RETOUR SUR « INTO THE SHADOWS » D’ANOICE <<


28. Julia Kent – Asperities (Leaf)

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Qu’il reste difficile de trouver une mauvaise note dans la discographie de la violoncelliste canadienne Julia Kent, passagère trans-frontalière d’une Zoe Keating avec un surplus d’émotion qui ne manquerait, pour exploser davantage, qu’une exposition médiatique au niveau.

« Asperities » est une nouvelle pierre précieuse dans une mine de sons effrayants de beauté : ce quatrième album a, toutefois, la noirceur des conflits intérieurs, la dureté des difficultés de personnalité, bref, recèle des trésors ténébreux. Voici un album exigeant, émotionellement parlant, probablement plus dur, électronique, lourd, voire carrément moite, que ce à quoi Julia Kent nous avait alors habitué. A l’heure de l’écriture de ces lignes, pas une seule humaine ne s’est manifestée pour se plaindre de ce léger virage vers l’exigence la plus absolue.


27. Above & Beyond – We Are All We Need (Anjunabeats)

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Il est aisé (et je n’ai pas manqué de la faire) de gloser sur la baisse générale des prestations musicales du trio britannique Above & Beyond, jusqu’à il y a peu hérauts (avec cette orthographe, oui) de la trance vocale (coucou OceanLab), désormais fers de lance d’une scène progressive diffuse et foutraque.

Cette transition se constate via leurs albums : là où l’impeccable « TriState » aurait probablement obtenu un Top 5 en 2006, là où (miraculeusement !) « Group Therapy » conservait suffisamment d’âme et de coeur pour obtenir un #2 en 2011 derrière l’intouchable « Lumiere » de Dustin O’Halloran, « We Are All We Need » obtient tout juste un top 30. Il y a plein de bonnes idées sur cet opus, notamment mélodiques, sans omettre la présence de Justine Suissa : mais il se dégage, expérience aidant, la désagréable impression qu’on pourrait s’attendre à mieux. A moins – sûrement – que ce soit « l’époque » ?

>> RETOUR SUR « WE ARE ALL WE NEED » D’ABOVE & BEYOND <<


26. Rafael Anton Irisarri – A Fragile Geography (Room40)

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Il m’est difficile, voire impossible, de dire du mal de Rafael Anton Irisarri dans ces colonnes – et pour cause : je n’en ai toujours dit que du bien, que ce soit en solo ou avec Benoît Pioulard sous l’étiquette d’Orcas. Cela tombe bien : il n’en était nullement question dans ces lignes, puisque « A Fragile Geography » constitue un nouveau sédiment de qualité dans une discographie exigeante.

L’histoire de ce nouvel opus n’est pourtant pas commune, Irisarri s’étant fait embarquer son matériel et ayant dû le reconstituer à grands coups de crowdfunding déploré. Il n’en reste pas moins, malgré les craintes, que le résultat est ici une nouvelle fois à la hauteur, entre ambient stratosphérique et minimale épurée (mais pas minimaliste, attention !), amour de délicatesse sonore à même d’être remboursé par la Sécurité sociale.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.