TOP ALBUM 2015. Les meilleurs albums de l’année (40-31)

C’est l’heure du traditionnel raout de fin d’année et de l’habituelle rétrospective : quels albums auront marqué cette année 2015 ?

top album 2015 gwendalperrin.net 4031

Que retenir de cette année musicale 2015 ? Globalement plus riche que la précédente cuvée, elle s’est caractérisée par une foultitude d’albums ambient de qualité, d’indie rock à foison, de Mylène Farmer… mais, et c’est un reproche de plus en plus fréquent dans mes lignes, très peu d’albums d’exception manifeste.

Je m’étais jusqu’à présent cantonné à n’évoquer que les 20 meilleurs albums de l’année (j’en avais plastronné 25 voire 40 dans mes jeunes années) mais comme je suis un peu fou dans ma tête (et que j’ai eu un mal de chien, voire même de chaton, à effectuer une classification satisfaisante), ce sont pas moins de 50 albums qui seront évoqués.

(Et encore, j’en ai enlevé en dernière ligne droite).

Voici, pour continuer, les albums classés de la 40e à la 31e place.

(A RETROUVER : les albums classés entre la 50e et la 41e place)

(A écouter aussi : les albums classés entre la 30e et la 26e place)

(Et, de même, les albums classés entre la 25e et la 21e place)

(Et carrément ceux classés entre la 20e et la 16e place)

(Et même ceux entre la 15e et la 11e place)


40. Bruno Sanfilippo – Inside Life (Ad21)

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« Inside Life », direct successeur du fort opportunément nommé « ClarOscuro », est l’une des pièces les plus marquantes – et désabusées – de la (pléthorique) discographie du compositeur Bruno Sanfilippo.

Reprenant les ingrédients fondamentaux de son néo-classique délicat, Sanfilippo y instille en supplément une noirceur matérialisée, par instants, par de violentes bribes de violoncelle ou des éclats de voix hostiles. C’est, toutefois, un climat général qui offre à « Inside Life » une épaisseur introspective rarement et récemment atteinte, sans fermer la porte à des horizons plus assurés.

>> RETOUR SUR « INSIDE LIFE » DE BRUNO SANFILIPPO <<


39. Shamir – Ratchet (XL Recordings)

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Cela faisait bien longtemps qu’un album d’urban-dance n’avait paru aussi frais, détaché, doté d’une certaine dose de what-the-fuck gay-friendly et assumant complètement son incitation aux déhanchements impromptus.

Le premier album du jeune Shamir, porté par l’imparable « On The Regular », n’est pas voué à se répéter indéfiniment dans le temps sous peine de perdre toute sa fraîcheur : d’ici sa prochaine réinvention, Shamir Bailey est en tout cas parvenu à mettre un sacré coup de talon aiguille dans nos marteaux rouillés.


38. Patrick Watson – Love Songs For Robots (Universal)

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Sacrilège ! Le Canadien Patrick Watson a sorti un album sortant de sa ligne de confort, étalée et explorée notamment sur les excellents « Wooden Arms » et « Adventures in your Own Backyard » : la chaleur humaine transpirant des pores de ces albums-là se mue, pour « Love Songs for Robots », en mélopées supposément métalliques.

La voix de Watson reste mémorable, peu de gus étant à même de rivaliser en termes d’originalité gutturale (Hegarty, McDermott ?). Aussi baroque que bancal, « Love Songs For Robots » n’est pas le meilleur album de sa discographie, mais il n’en reste pas moins d’un niveau à tout le moins troposphérique.


37. Saycet – Mirage (Météores)

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Ouvrage typiquement parisien (mais sans la prétention), « Mirage » de Pierre Lefeuvre alias Saycet est une mutation d’une trajectoire musicale, originellement compromis entre ambient et electronica tournant vers le minimal, vers une pop plus directe et plus joueuse. Grand bien lui fasse !

Si les deux premiers albums de Saycet se révélaient déjà être de fort bonne qualité sur la durée, « Mirage » gagne en consistance et en cohérence, aidé entre autres par une augmentation des parties vocales, agrémentant avec goût une discographie qui devrait passer sans difficulté les décennies.

>> RETOUR SUR « MIRAGE » DE SAYCET <<


36. Ludovico Einaudi – Elements (Universal)

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La discographie récente de Ludovico Einaudi est l’illustration adéquate pour l’adage supputément populaire : « Pourquoi changer une formule qui marche ? ». « Elements » est un nouvel élément à ajouter à cette démonstration qui, à force, pourrait devenir répétitive.

Depuis « Divenire » (2006), les albums d’Einaudi, sous des angles certes différents, combine toutefois les mêmes éléments, entre piano léché, arrangements cinématiques et orchestrations de cordes simples voire simplistes, mais toujours délicates. Qu’on ne s’y méprenne toutefois pas : la formule, qui marche, est efficace même qualitativement, et il ne m’aura pas fallu attendre la BO d’ « Intouchables » pour le comprendre.

>> RETOUR SUR « ELEMENTS » DE LUDOVICO EINAUDI <<


35. Orkidea – Harmonia (Black Hole)

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Vétéran de la scène trance internationale, le Finlandais Tapio Hakanen alias Orkidea est l’un des rares qui, au fil des décennies et des tendances, aura su conserver une crédibilité et une intégrité musicale à peu près intacte – une rareté dans une scène désertée par Tiësto et, progressivement, par Armin van Buuren.

« Harmonia » confirme cette maîtrise, entre underground, psy et progressive accessible : cet album confirme, également, que la trance scandinave aurait dû prendre le pouvoir, il y a une dizaine d’années désormais, avec Airbase, Jan Gustafsson, Miika Kuisma ou encore Samuelzone. Cela n’a, malheureusement, pas été le cas.

>> RETOUR SUR « HARMONIA » D’ORKIDEA <<


34. James Murray – The Sea in the Sky (VoxxoV)

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Minéral et pourtant régénérant : « The Sea in the Sky », 7e album de James Murray, n’est sans aucun doute pas accessible au plus grand nombre – et ce n’est pas nécessairement le but. Cet exercice d’ambient stratosphérique et acrobatique mérite pourtant des écoutes curieuses ou approfondies, malgré l’apparente difficulté de l’exercice.

Les crescendos sont ici stratosphériques, patients et quémandant patience : les horizons sont par de même lointains, prometteurs et sources de promesses encore plus grandes. Cela tombe bien : c’est (presque) tout ce qu’on demande à un bon album d’ambient.

>> RETOUR SUR « THE SEA IN THE SKY » DE JAMES MURRAY <<


33. Masayoshi Fujita – Apologues (Erased Tapes)

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La grâce qui se dégage du vibraphone de Masayoshi Fujita dans « Apologues », semblable à l’envol d’un flamant rose sur un fond de Cinematic Orchestra période « Les Ailes Pourpres », suffit à accorder une place de choix à cette composition délicate tout en restant relativement inclassable.

Le vibraphone, surtout utilisé en jazz ou ambient pompier ces dernières décennies, est ici élément central d’une orchestration semi-classique de haute facture, ambient cinématique et vaporeuse, enveloppante et chaleureuse. Belle découverte par conséquent du label Erased Tapes qui, avec ce vibraphoniste sorti de (presque) nulle part, a encore visé au coeur de la cible.

>> RETOUR SUR « APOLOGUES » DE MASAYOSHI FUJITA <<


32. Oiseaux-Tempête – Ütopiya? (Sub Rosa)

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Entre contemplation et tensions, entre jazz et post-rock, entre ce que tu veux mettre derrière l’artwork d’ « Ütopiya? » et ce qu’il en est réellement : ce nouvel album d’Oiseaux-Tempête surfe sur de délicats équilibres sans jamais se départir d’une grâce naturelle, fruit d’une discographie trop discrète mais impeccable.

Constat désabusé d’un certain naufrage philosophique, « Ütopiya? » ressemble surtout à un bon coup de poing dans la gueule, le gant parfaitement mis et l’esthétique du geste assurée. Le périple, aussi torturé qu’il est, mérite le détour.


31. Petrels – Flailing Tomb (Denovali)

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Quatrième album pour Oliver Barrett sous la dénomination de Petrels, avec ce « Flailing Tomb » publié chez les amis de Denovali, comme à son accoutumée pétri de références culturelles diverses (visuelles ou non-visuelles, de Jean-Luc Godard à Ursula LeGuin).

Premièrement drone, secondement krautrock voire carrément noise, les deux parties de ce « Flailing Tomb » forment un ensemble musicalement et cinématiquement inclassable, au service d’une esthétique auditive et visuelle particulièrement exigeante. La porte d’entrée vers cet univers multiforme pourra paraître infranchissable, mais elle mérite définitivement de recevoir des coups de savate de votre part pour goûter à ce délice de complexité.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.