TOP ALBUM 2015. Les meilleurs albums de l’année (50-41)

C’est l’heure du traditionnel raout de fin d’année et de l’habituelle rétrospective : quels albums auront marqué cette année 2015 ?

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Que retenir de cette année musicale 2015 ? Globalement plus riche que la précédente cuvée, elle s’est caractérisée par une foultitude d’albums ambient de qualité, d’indie rock à foison, de Mylène Farmer… mais, et c’est un reproche de plus en plus fréquent dans mes lignes, très peu d’albums d’exception manifeste.

Je m’étais jusqu’à présent cantonné à n’évoquer que les 20 meilleurs albums de l’année (j’en avais plastronné 25 voire 40 dans mes jeunes années) mais comme je suis un peu fou dans ma tête (et que j’ai eu un mal de chien, voire même de chaton, à effectuer une classification satisfaisante), ce sont pas moins de 50 albums qui seront évoqués.

(Et encore, j’en ai enlevé en dernière ligne droite).

Voici, pour commencer, les albums classés de la 50e à la 41e place.

(A retrouver : les albums classés entre la 40e et la 31e place)

(A écouter également : les albums entre la 30e et la 26e place)

(De même pour les albums classés entre la 25e et la 21e place)

(Et même pour les albums classés entre la 20e et la 16e place)

(Et aussi pour les albums classsés entre la 15e et la 11e place)


50. William Ryan Fritch – Music for Film vol. 1 (Lost Tribe Sound)

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William Ryan Fritch, également connu sous le nom de Vieo Abiungo, n’est pas à proprement parler un débutant : sa discographie, en grande partie liée au label Lost Tribe Sound (et également au Asthmatic Kitty de Sufjan Stevens), s’étale en effet depuis 2006.

L’intention de « Music For Film vol. 1 », consécutif à son EP gratuit « Dampener », est d’une claire limpidité : bande-son imaginaire d’une histoire secrète, cette bande originale se révèle mystérieuse et foisonnante de dédales et de portes cachées. A noter également son essai « Revisionist » avec DM Stith et Benoît Pioulard un peu plus tôt dans l’année.

>> RETOUR SUR « DAMPENER » ET « MUSIC FOR FILM VOL. 1 » ICI <<


49. Inventions – Maze of Woods (Temporary Residence)

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Duo peu connu sous cette dénomination, Inventions est pourtant composé du multi-instrumentiste Matthew Cooper alias Eluvium et de Mark T. Smith, guitariste d’Explosions in the Sky.

Derrière l’apparente tranquillité de ce fort bel ouvrage ambient, situable entre A Winged Victory For The Sullen, Sigur Ros et The Orb, se cache pourtant une angoisse bien réelle derrière la pureté du son ici délivré, comme une voie sans issue devant être contournée coûte que coûte, obtenue de longue lutte grâce à certaines envolées shoegaze tout à fait mémorables.

>> RETOUR SUR « SLOW BREATHING CIRCUIT », VERSION A WINGED VICTORY FOR THE SULLEN <<


48. Hauschka – A NDO C Y (Temporary Residence)

Composé de rebuts de son excellent « Abandoned City », candidat au titre de meilleur album de l’année 2014, « A NDO C Y » se compose de sept nouveaux titres et de deux remixes signés Devandra Banhart et (tiens !) Eluvium.

Si les deux « Yufuin » (plus de 20 minutes chacun) devraient en rebuter plus d’un, les cinq nouvelles pistes restantes et ces deux remixes poursuivent la lancée du précédent opus de Hauschka, certes sans la fougue de la nouveauté, mais avec l’ouverture réitérée de l’autoroute de la sérénité.

>> RETOUR SUR « ABANDONED CITY » ET L’HISTOIRE DE CES VILLES ABANDONNEES <<


47. Heather Woods Broderick – Glider (Western Vinyl)

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Le successeur de l’excellent « From The Ground », premier opus de la petite soeur de Peter Broderick, j’ai nommé Heather, commençait à se faire sérieusement attendre.

Après les aventures Horse Feathers et Loch Lomond, après avoir longuement accompagné Sharon van Etten, Heather Woods Broderick reprend son propre envol sur le fort bon « Glider », certes un léger ton en-dessous de son illustre prédécesseur, mais dont l’équilibre entre folk et americana, s’il n’atteint pas l’envol halluciné d’un « From The Ground », touche par contre à la délicatesse d’un « Cottonwood Bay » avec un ingrédient supplémentaire : une régularité dans la composition. Espérons juste qu’il ne faille pas attendre 2022 pour connaître son successeur…


46. Beach House – Depression Cherry (Sub Pop / Bella Union)

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Emmené par l’excellentissime « PPP », le nouvel (et premier de l’année !) opus de Beach House, « Depression Cherry », confirme la place prépondérante acquise par ce duo sur l’autel de la dream pop.

Mieux encore que sur « Thank You Lucky Stars », successeur quasi-immédiat de cet album, « Depression Cherry » montre ce pourquoi Beach House a été tant copié et recopié ces dernières années, pendant que ce duo construisait son propre sillon d’avance : mélodies et atmosphères sont ici ciselées avec une nonchalence métronomique, sans autre prétention que de ne conserver le meilleur de cette substance pop auto-parodique.

>> RETOUR SUR « DEPRESSION CHERRY » DE BEACH HOUSE <<


45. Colleen – Captain of None (Thrill Jockey)

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Sixième effort solitaire pour Cécile Schott alias Colleen : celle qui, jusqu’à ses « Ondes Silencieuses », avait pris l’habitude de sortir une nouvelle prestation par an, a décidé de ralentir le rythme ces dernières années.

Difficile de lui reprocher cet état de fait à l’écoute du mélodiquement superbe « Captain of None », parfaite rétrospective (ou cure de rattrapage, c’est selon) de la discographie de la Française : sa viole de gambe n’aura jamais semblé aussi délicate qu’ici, ses paroles aussi inspirées et, in fine, sa béatitude aussi nourrissière (voire salvatrice) pour l’âme.


44. Jose Gonzalez – Vestiges & Claws (Mute Records)

José González - Vestiges & Claws

Il pourra être reproché pas mal de choses à « Vestiges & Claws », nouvel opus du songwriter suédois José Gonzalez, et en premier lieu de ne pas être au niveau de ses prédécesseurs.

Une fois ce niveau de critique balayé (pas immérité, mais lassant à la longue », « Vestiges & Claws » s’écoute goûlument comme un bonbon acidulé qu’on cherche à faire durer, minimal folk sans fioritures mais avec les quelques éléments qui rendent imprescriptiblement Gonzalez indispensable : sa voix, prompte à faire bander un peuplier, et son minimalisme élégant, qu’on conseillerait au monde entier.


43. Bruno Bavota – Mediterraneo (Dronarivm)

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Continuant sur la lancée de son précédent opus « The Secret of the Sea », le compositeur ialien Bruno Bavota, un des fers de lance de la foisonnante école classique romantique de la péninsule (Ludovicco Einaudi, Fabrizio Paterlini, Daniele Leoni, Andrea Carri…) n’a pas l’intention d’arrêter en chemin son dialgue avec la mer.

« Mediterraneo » reprend les éléments qui avait fait de son prédécesseur un plaisir coupable de l’été 2014 : derrière l’apparente naïveté de l’ensemble, se même ue complexité analytique illustrée jusqu’au label publiat « Mediterraneo », le russe Dronarivm. La mer n’est et ne sera jamais le tombeau des innocents.

>> RETOUR SUR « MEDITERRANEO » DE BRUNO BAVOTA <<


42. Strië – Struktura (Serein)

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Pourquoi se contenter de la facile illusion de l’exposition médiatique, lorsque celle-ci n’a plus que les contours de l’arnaque perpétuelle ? Iden Reinhart, alias Strië, a trouvé une réponse bien à ele : depuis quelques années désormais, c’est derrière la façade de son avatar Strië, quasi-recluse et heureusement isolée, qu’elle enchante les oreilles et les partitions.

« Struktura » n’a pas la facilité d’écoute de son prédécesseur « Öhtul », mais cela n’a presque plus d’importance. Majestueuse et complexe pièce d’orfèvrerie musicale, démonstration permanente de l’ambition potentielle de la musique ambient (qui, si vous tombez sur ce site fort audacieux au demeurant, N’a RIEN à voir avec la musique d’ascenseur) (eenfin, sauf si vous ne jurez que par Jean-Michel Jarre).

>> RETOUR SUR « STRUKTURA » DE STRIË <<


41. Endless Melancholy – Her Name In A Language of Stars (Hidden Vibes)

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S’il fallait attester de la qualité d’un album par la simple mention de ses remieurs, cet opus le quatrième) des Ukrainiens d’Endless Melancholy obtiendrait d’emblée une bonne note Benoît Pioulard, Desolate Horizons et Wil Bolton apportent en effet de nouveaux horizons à ces pérégrinations stellaires.

Paradoxalement, Endless Melancholy n’a ici plus grand chose de mélancolique, comme si cet état de fait, réduit à état d’illusion, s’était finalement transfomré en secret contentement. Et ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.