ALBUM. James Murray – The Sea in the Sky

Septième album pour le compositeur britannique drone/ambient James Murray qui, avec « The Sea in the Sky », apporte une constance nouvelle à ses élucubrations électroniques et une consistance à ses délires spatiaux.

gwendalperrin.net james murray the sea in the sky cover

Nous recherchons toutes et tous, devant l’infranchissable frontière séparant le vivant du non-vivant, une définition rassurante et rassérénante du vertige, de la perte de soi, étendu et perdu devant un horizon sonore ou visuel inextinguible. Il se pourrait, au sein de la (trop) longue liste de références musicales citées par votre site musical préféré (comment cela, vous tombez ici par pur hasard ? Abonnez-vous tout de suite à mon infolettre avant qu’un tigre du Bengale ne vous griffe par pur amusement), que « The Sea in the Sky » de James Murray trouve dans ce sinistre panthéon une place particulière.

gwendalperrin.net james murray the sea in the sky

Cinq pistes aux allures de crescendos stratosphériques : telle est l’abrupte, voire hostile, structure de « The Sea in the Sky ». Les nappes électroniques se transforment pourtant ici en couches émotionnelles, se dissolvent en particules de Voie Lactée, granuleuses mais protubérantes, construisant rapidement (la piste introductive « Altitude » a le mérite d’être claire dans son intention, jusqu’à sa dénomination) une atmosphère brouillée aux allures d’éternité.

Comment rassurer les puristes en leur donnant des repères extérieurs histoire de placer ce nouvel OMNI discographique ? Compromis volontairement bancal entre Rafael Anton Irisarri et Tim Hecker, plus sympathique toutefois qu’une compilation de musiques d’ascenseur bloqué à minuit 30 dans une tour de la Défense, cet album constitue un élan transcendental intéressant, vertige de l’instant et vestige d’une époque. Nous donnerons-nous rendez-vous aux alentours de Proxima du Centaure ou de Pluton ?

Tracklisting:

  1. Altitude
  2. Hollows
  3. The Sea In The Sky
  4. Settle
  5. Then Dissolve

(Et si, depuis le commencement de cette micro-chronique, vous vous demandez intérieurement comment définir en effet(s) le vertige, je vous propose cette maxime d’Antoine de Saint-Exupéry : « Il n’y a pas de fatalité extérieure, mais il y a une fatalité intérieure : vient une minute où l’on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige. »)

« The Sea in the Sky » de James Murray est disponible depuis le 25 septembre chez VoxxoV Records. >ORDER LINK< 15/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.