ALBUM. Lowland – Classical Trancelations 2

Le producteur finlandais Petri Alanko alias Lowland publie le second volet de ses « Classical Trancelations », sélection de reprises de standards trance à la sauce orchestrale. Rafraîchissant et inégalement génial.

gwendalperrin.net lowland classical trancelations 2

Une bonne mélodie se doit d’être autant valable dans un environnement musical où elle est le centre de l’attention ou lorsqu’elle n’est « que » la ligne directrice d’un ensemble plus complexe. Il est par conséquent délicat, pour un genre musical aussi supposément bourrin que l’EDM, que de produire des lignes mélodiques mémorables et ce, surtout depuis l’avènement de la sacro-sainte EDM et de sa lignée de producteurs foireux.

Dans le monde de la musique électronique dansante, la trance est probablement le style qui a payé le plus lourd tribut à cette guettaïsation de la scène (quoiqu’on en dise, Guetta est bel et bien à l’origine de l’explosion de la scène EDM, au sens péjoratif du terme, dès 2008 et bien avant l’avènement – ou la trahison stylistique – de gugus vulgaires que sont W&W, Dimitri Vegas & Like Mike, Vinai ou encore Blasterjaxx). L’EDM-isation de la trance, puisqu’il faut bien mettre ce sujet délicat sur la table, a d’ailleurs souffert de l’évolution monét stylistique de Tiësto, qui a dit adieu à ce style qui l’avait pourtant conduit au firmament vers la même période – et les récentes bouses produites par son successeur Armin Van Buuren n’ont rien de rassurant.

Tout, cependant, n’est pas à jeter dans cette médiocrisation ambiante de la scène dance internationale. Même si les mélodies les plus intéressantes se sont étrangement déplacées du côté de la scène deep/progressive house (Eric Prydz, Andrew Bayer, Jody Wisternoff, Above & Beyond, Cubicolor…), la trance plus ou moins progressive conserve certains avatars de résistance : il suffit d’observer le duo égyptien Aly & Fila pondre un live gigantesque au pied des pyramides de Gizeh pour garder un certain espoir sur le futur de ce style.

Que reste-t-il, par conséquent, du passé glorieux de ce style qui engendra une hallucinante foultitude de tubes dans les années 90/2000 que la France, plombée dans sa « French Touch » et sa house pompier, n’a quasiment jamais connus ? Des soupçons mélodiques, parfois, des résistants, quelques uns. Le Finlandais Orkidea est sans conteste l’un d’eux : j’avais eu l’occasion de revenir dessus à l’occasion de la sortie de son dernier album. Passons désormais à l’un de ses plus proches partenaires de jeu, j’ai nommé Petri Alanko alias Lowland.

Le producteur finlandais, certes moins réputé et reconnu que son illustre acolyte, est membre d’une scène électronique finlandaise qui a su se renouveler au fil des années tout en conservant, contrairement à bien d’autres représentations nationales, une exigence de qualité. La Finlande est en effet le pays d’Orkidea et Lowland, donc, mais aussi de Super 8 & Tab, Yotto (ex- Something Good), Miika Kuisma, Miikka Leinonen (moitié de Driftmoon), Aalto (ancien alias de Super 8 et Paavo Siljamaki, tiers du mythique trio Above & Beyond) et j’en passe.

Lowland a repris en 2008 la série des « Classical Trancelations » qui, dans son format original, était géré par Jan Vayne et traduisait des standards de la musique classique/orchestrale en trance. Le Finlandais, de son côté, a effectué la démarche inverse, dans la droite lignée des compilations « Armada Lounge » réalisant la même transformation vers des rythmiques deep house, chillout ou ambient.

Après avoir repris, en 2008, des standards d’Aalto, Robert Miles, BT, Energy 52, Binary Finary, Chicane, Way Out West, Solarstone, The Thrillseekers, Pulser, Armin van Buuren et Slusnik Luna, place en 2015 à de nouvelles reprises choisies parmi plus de 300 titres, certains inattendus comme le « Firefly » de Mike Foyle, selon le principal intéressé (cette interview >ICI< en anglais permettra aux curieux de connaître la genèse et la réalisation de ce projet).

Le format court des titres ici présentés (en format « Radio Edit » compris entre 3 et 4 minutes) est quelquefois frustrant pour certaines reprises plus intéressantes que les autres, notamment le « Blue Fear » d’Armin Van Buuren et le « Till The Sky Falls Down » de Dash Berlin, à la majesté étonnamment rétablie. Certaines versions chillout/ambient de classiques progressive/trance, signées notamment Solarstone, Michael Woods, Floris de Haan ou encore Reuben Halsey ne souffraient pas de cette limitation temporelle : à quand certains « Extended Mixes » de ces reconstructions souvent salutaires ?

Tracklisting:

  1. Lowland – Offshore (by Chicane) (03:24)
  2. Lowland – Blue Fear (by Armin van Buuren) (03:03)
  3. Lowland – Airwave (by Rank 1) (03:16)
  4. Lowland – Carte Blanche (by Veracocha aka Vincent de Moor) (03:31)
  5. Lowland – Till The Sky Falls Down (by Dash Berlin) (03:12)
  6. Lowland – Rush Hour (by Armin van Buuren) (03:25)
  7. Lowland – Find Yourself (by John O’Callaghan & Sarah Howells) (03:07)
  8. Lowland – Firefly (by Mike Foyle) (03:01)
  9. Lowland – Blackbird (by Lowland & Orkidea) (03:23)
  10. Lowland – Mirage (by Armin van Buuren) (03:22)
  11. Lowland – Tall Shiny Buildings (Ambient Mix) (03:33)

« Classical Trancelations 2 » de Lowland est disponible depuis le 11 septembre du côté d’Armada Music. >ORDER LINK< 14/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.