PREVIEW. Paul Van Dyk – The Politics of Dancing 3

Repoussé maintes et maintes fois, le nouvel album du DJ allemand Paul Van Dyk arrive dans les backs le 5 mai : une vieille histoire de la trance se voit – enfin – dépoussiérée.

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A force, « The Politics of Dancing 3 » était devenue l’arlésienne de la musique électronique. Annoncé depuis trois ans, le troisième volume de la célèbre compilation du DJ superstar allemand Paul Van Dyk n’arrivait jamais, avant de (peut-être !) émerger, puis en fait non, puis de te pondre une première couverture (septembre 2013)…

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… avant de, finalement, partir sur autre chose.

10 ans après le précédent volume, la série des « Politics of Dancing » va officiellement reprendre son cours. En une décennie, toutefois, Paul Van Dyk aura vu son aura faiblir, petit à petit, perdu dans la transition entre trance et « électro » imposée par les comptes en banque et la dépréciation générale des goûts en termes de musique électronique.

Là où Tiësto (accompagné par d’autres, fut un temps Marcel Woods, mais aussi W&W, Showtek, les Headhunterz…) a tout simplement décidé de faire n’importe quoi tant que cela lui rapporte (comprenez : un mélange de plus en plus horripilant mais lucratif d’EDM et de house douloureuse), Armin Van Buuren a tenté de maintenir à flot le paquebot trance en danger. Entre eux deux, le troisième larron du triumvirat qui a régné sur les années 2000, Paul Van Dyk donc, n’a jamais véritablement su où se placer : résultat des courses, malgré plusieurs albums (« In Between » en 2007 et « Evolution » en 2011), il aura laissé une bien moindre empreinte sur la nouvelle décennie – et même l’arnaque DJ Mag l’a reconnu, le reléguant à un rang tout à fait déshonorant.

Paul Van Dyk, désormais, reste surtout un fragment (ô combien honorable) d’une période finalement révolue : arrivé sur le marché bien avant Tiësto et Armin van Buuren (The Visions of Shiva date de 1993 !), son étoile aura finalement pâli avant. Son label Vandit, de même, a été avalé par le mastodonte Armada de van Buuren, tandis que son podcast VONYC Sessions fait désormais pâle figure aux côtés d’A State of Trance (Armin Van Buuren), Future Sound of Egypt (Aly & Fila), Group Therapy (ex-Trance Around The World, Above & Beyond) voire même l’Orchestrance d’Ahmed Romel.

Raison de plus, par conséquent, de se réjouir du retour du maestro en espérant qu’il ait quelque chose de plus notable à proposer que ces dernières années (sa dernière production incontestablement excellente étant à mon sens « The Other Side » avec Wayne Jackson, datant de 2005).

« The Politics of Dancing », 3e édition, aura mis du temps à venir, mais pour quel résultat ! La liste de collaborations est encore plus longue que sur le précédent album « Evolution » ou sur les deux premiers volumes des « Politics of Dancing ».

On retrouve des habitués comme Giuseppe Ottaviani (déjà de l’écurie Vandit, désormais avec sa propre boutique GO On Air et son alias Pure NRG avec Solarstone), Las Salinas (team Vandit également) et la chanteuse Sue McLaren.

On retrouve également des prises de guerre diverses et variées, dont les (désormais) étendards de l’uplifting Aly & Fila, deux des dernières recrues de Vandit (Genix et Ben Nicky), le duo Stoneface & Terminal (Euphonic), le patron de Magic Island Roger Shah, le nouveau talent venu d’Algérie Mino Safy ainsi – et c’est plutôt surprenant – que le patron de Damaged Records, j’ai nommé Jordan Suckley.

On retrouve enfin des noms peu entendus depuis quelques années comme Mark Eteson, FKN et Michael Tsukerman, des vocalistes trop discrets comme Tricia McTeague et Jahala (oui, c’est un Norvégien, et ce n’est pas si évident quand on se remémore son timbre de voix) et, histoire d’enfoncer le couteau dans la plaie, Ummet Ozcan – qui, désormais, réussit l’exploit de produire des tubes encore plus affreux que W&W, Tiësto voire DVBBS et Borgeous.

Alors que « We Are Tonight » (sorti en 2013 avec Christian Burns) devait être l’étendard de ce troisième volume, il est tout simplement dégagé par bien d’autres singles de qualité fort inégale. Là où « Guardian » est une franche réussite (essaie donc de produire un titre pourri avec Aly & Fila) et « Come With Me » une expérimentation plutôt sympatoche (espérons juste qu’Ummet Ozcan ne sorte pas de remix à sa sauce), « Only In A Dream » est un titre plutôt générique, « Louder » plutôt saoulant dans sa version originale (c’est heureusement la version de Ben Nicky qui est ici jouée : à noter également le remix complètement salope de Maarten de Jong) et « What We’re Livin’ For » reste tout à fait anecdotique. Mais dans le contexte actuel, où la trance a toujours du mal à remonter la pente (faut-il être aussi optimiste qu’Arnej sur ce point ?), le retour d’une des signatures les plus marquantes de l’histoire de la musique électronique (carrément, oui) a tout de la révélation ultime. Patientons, donc.

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Tracklisting:

  1. Heart Like An Ocean (with Mark Eteson feat Tricia McTeague)
  2. Lights (feat Sue McLaren)
  3. My World (with FKN and Mohamed Ragab feat. Jahala)
  4. Mino Safy – Around The Garden (Paul van Dyk Remix)
  5. What We’re Livin For (with Michael Tsukerman feat Patrick Droney)
  6. In Your Arms (with Giuseppe Ottaviani feat Fisher)
  7. Come With Me (We Are One) (with Ummet Ozcan) (Paul van Dyk Festival Mix)
  8. Guardian (with Aly & Fila feat Sue McLaren)
  9. Love Is (with Las Salinas feat. Betsie Larkin)
  10. For You (with Genix)
  11. Follow Me (with Stoneface & Terminal)
  12. City Of Sound (with Jordan Suckley)
  13. Only In A Dream (with Jessus and Adham Ashraf feat Tricia McTeague)
  14. Louder (PvD vs Ben Nicky Remix) (with Roger Shah feat Daphne Khoo)

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.