VIDEOS. Airwave – Gaijin / Pain Is My Relief EP

Définir le genre « trance » en un seul nom, mieux que le désormais traître Tiësto ou l’inconstant Armin van Buuren ? Laurent Véronnez (alias Airwave) conviendrait. Voici pourquoi.

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Nous, humbles Français, avons des millions de raisons de nous excuser auprès du monde pour lui avoir fourni David Guetta. Mais nous devrions également nous excuser auprès de nous-mêmes, au milieu des années 1990, d’avoir pu engendrer les Daft Punk.

A cette époque, la France n’était pas encore larguée en ce qui concerne la trance, genre musical encore naissant à l’époque (les archéologues du mouvement peuvent débattre sans souci de l’influence de Kraftwerk, Klaus Schulze, Tangerine Dream & co, voire même me dire que cet article ne parle quasiment pas de psy-trance, Astrix, Mushroom, tout ça, mais en termes de commercialisation, il est peu nécessaire de remonter au-delà de deux décennies). Emmanuel Top (et son extension club BBE) et Laurent Garnier assuraient fièrement le portage du flambeau à côté des Allemands Jam & Spoon, Sven Väth ou encore Paul van Dyk (déjà !), tandis que les Néerlandais et Britanniques préparaient encore leurs munitions.

Puis, à la fin des années 90, French touch oblige, Daft Punk oblige donc, The Supermen Lovers et Modjo aussi, la France a loupé un wagon et construit une autre voie. Cette séparation s’est faite toute seule, sans qu’on ne s’en aperçoive vraiment, les Américains suivant le délire francophone pendant que les Belges – dont Airwave, donc -, prenaient notre place.

Et depuis ?

Depuis, la France est représentée par David Guetta, Martin Solveig et Quentin Mosimann. La Belgique, pourtant héroïque fut un temps (M.I.K.E., Yves DeRuyter, Jones & Stephenson…) a réussi à créer le monstre Dimitri Vegas & Like Mike, Tiësto est parti faire mumuse avec Hardwell pour repousser ses achats d’anti-rides aux Pays-Bas et les résistants à cette vague de fond ont été globalement éjectés de la désormais farce DJ Mag.

Airwave, contrairement à Paul Van Dyk ou John Digweed, n’a pas forcément été particulièrement haut-placé dans ce type de classement qui était, auparavant, représentatif. Il n’en reste pas moins qu’en désormais 17 années de discographie, l’humble bonhomme fait désormais partie d’une sorte de panthéon intouchable, inviolable, parce que respecté et respectable, d’artistes dont si, un jour, une nuit, tu oses critiquer leur apport à la musique électronique, je t’éclate la tronche sur un trottoir avec un vieux vinyl de Martin Solveig.

Les temps ne sont pourtant pas simples. Laurent Véronnez ne gagnera pas des milles et des cents avec ses EP récemment sortis sur le superbe label JOOF Recordings, propriété d’un autre membre de ce panthéon auto-désigné qu’est John ’00’ Fleming (j’y rajouterai, question de goût, Paul Van Dyk et les Thrillseekers, tout en me tâtant encore sur les récents choix d’Armin Van Buuren, Rank 1 ou encore de Judge Jules). Ses cachets live représentent une part infinitésimale de ce que demandent des clowns pathétiques du type Steve Aoki qui, sincèrement, semble penser que jeter des gâteaux sur la gueule de ses spectateurs abrutis de médiocrité suffira à en faire un showman de premier ordre.

Contrairement à d’autres one-shoteurs plus ou moins respectables comme Tomcraft ou DJ Sammy (à l’origine, tout de même, du sublime projet Parker & Hanson), il est probable que l’oreille moyenne, francophone comme internationale, ait du mal à sortir précisément le nom ou la mélodie d’un titre d’Airwave. Je pourrais, pourtant, t’en sortir, des tartines de mélodies abso…

… pardon, absolument impres…

… impressionnantes voulais-je dire, mais je me suis…

… laissé emporter…

… par l’inspiration. Qui m’en voudra ?

Alors voilà. Personne, ou presque, ne connaît Airwave en France. C’est, pourtant, un voisin, hautement respectable, pas le dernier venu, qui a récemment perdu son chat (pour qui il avait même composé une chanson, en bon esclave du #LobbyFélin)…

… et qui, plus généralement, transforme en or tout ce qu’il touche.

Avouez que ce serait dommage, en 2015, genre en 2015 quoi (!), de passer à côté de ce monument de la musique électronique.

Il n’est pas trop tard pour bien faire (et tout rattraper via Discogs ou Beatport).

A retrouver aussi sur : airwave-music.com, Facebook, SoundCloud, YouTube et Twitter.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.