TOP ALBUM 2014. 07 – Ensemble Economique – Melt Into Nothing

C’est le rituel désormais habituel de fin d’année : l’arrivée de décembre est l’occasion de faire un point sur cette année musicale, entre gifles sonores et coups de cœur. Au tour d’Ensemble Economique.

gwendalperrin.net Ensemble Economique Melt Into Nothing

Derrière le noir et blanc se cachent, le plus souvent, le noir et le blanc. Quelque soit l’illusion que puisse entrevoir un nuancier de gris, ce dernier n’évoque et ne développe, dans la plupart des cas, que des frissons et des sentiments ambivalents et extrêmes, les contours les plus ténébreux de l’âme n’ayant de véritable alter ego que dans la quête quasi-mystique d’une illumination violente et perpétuelle. A distance de ce jeu dangereux, les autres couleurs apparaissent, paradoxalement, comme fades ; absentes, elles rendent alors ma phrase d’accroche moins répétitive qu’elle n’en a préalablement l’air…

« Ensemble Economique », donc. L’ensemble est, en effet, « économique » : derrière cette expression antinomique se cache le seul – mais fort productif – Brian Pyle, archange d’un néo-drone rythmé à coups d’impulsions électriques, trouvant son salut entre un Depeche Mode sous amphétamines et Cocteau Twins.

« Melt Into Nothing », désormais. Le résultat, pour le coup, pourrait paraître également économique : cet album n’est en effet composé que de six titres pour une grosse demi-heure de son, mais l’avantage de ce concentré est qu’il ne contient pas un gramme de déchet. Oubliées, les mélopées vaporeuses qui faisaient perdre au précédent « Light That Comes, Light That Goes » sa direction véritable : l’épreuve du court format avec un contenu pourtant maximal est, ici, passée haut la main.

Cette compression, qui fait de cette demi-heure un temple de détails et d’interprétations, confère à cette oeuvre majeure le statut des albums qui s’écoutent et se réécoutent perpétuellement sans, pour autant, déceler la moindre trace de redite. Chacun de ces six titres ouvre un nombre infini d’horizons, de portes et de chemins, bien loin a priori du minimalisme coloriel initialement évoqué – mais c’est dans l’apparente simplicité que se cache la véritable complexité…

>> A (re)lire : ma chronique de « Melt Into Nothing »

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>> 05. Hauschka – Abandoned City
>> 06. Christina Vantzou – N°2
>> 07. Ensemble Economique – Melt Into Nothing
>> 08. Butterfly in the Snowfall – Butterfly in the Snowfall
>> 09. Kiasmos – Kiasmos
>> 10. Orcas – Yearling
>> 11. Above & Beyond – Acoustic
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>> 20. Chris Herbert – Constants

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.