ALBUM. Kiasmos – Kiasmos

Après plusieurs années d’attente, Ólafur Arnalds et Janus Rasmussen sortent leur premier album sous la forme de l’éponyme « Kiasmos », fusion étonnante entre electronica et modern classical pour un résultat prometteur.

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Il aura fallu patienter cinq longues années pour voir émerger l’iceberg tant escompté. L’histoire du duo islando-féringien Kiasmos a en effet débuté en 2009, avec la sortie de l’EP « 65/Milo » ; c’est pourtant « seulement » en 2014 que le premier album, éponyme, fait son apparition – avec, entre ces deux dates, l’excellent « Thrown EP ».

Sur le papier, pourtant, la recette ici proposée pourrait paraître indigeste. Nous avons, d’un côté, un versant électronique situé entre l’electronica et la minimal techno, pas loin de la deep, potentiellement référençable sur Beatport, et de l’autre le modern classical dont Ólafur Arnalds est devenu, depuis plusieurs années désormais, l’un des principaux étendards internationaux. Ce serait toutefois méconnaître les racines musicales du compositeur sus-nommé, plongeant à l’origine dans le rock bien méchant ; ce serait, aussi, sous-estimer la puissance mélodique insoupçonnée de la minimal, qu’elle s’applique à la house, techno ou trance – rappelons ici l’exemple du prodigieux « Gravity » de Parker & Hanson pour illustrer à merveille cette osmose.

Des premières productions du duo, subsiste uniquement « Thrown » – en version remasterisée – et sa tragique conclusion violoneuse, effectivement similaire à « A Sudden Throw » : cette mélodie était originellement destinée au dernier album en date d’Ólafur Arnalds « For Now I Am Winter« , avant de se retrouver agrémentée d’un ensemble de boîte à rythmes.

Pour le reste, certaines pistes sont construites uniquement sur la base d’une percussion récurrente (le Novation Bass Station II pour « Bent ») ou d’un sample mélodique (« Held », « Dragged »), là où d’autres sont dotés d’un séquençage plus complexe, comme sur le climax « Burnt » et son introduction spatiale. L’ensemble, part par part parfois inégal, est toutefois d’une cohérence louable, pas toujours accessible aux oreilles les plus frivoles (le technoïde « Swayed » ou encore « Looped ») mais toujours remarquable d’efficacité. Le voyage promis par cette expérience musicale est complet, sans véritable destination ni but, si ce n’est celui de repousser les limites de l’imaginable.

Tracklisting:

  1. Lit
  2. Held
  3. Looped
  4. Swayed
  5. Thrown
  6. Dragged
  7. Bent
  8. Burnt

« Kiasmos », de Kiasmos, est disponible depuis le 27 octobre chez Erased Tapes Records. 16/20. >ORDER LINK<

 

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Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.