ALBUM. Siavash Amini – What Wind Whispered To The Trees

L’excellent label Future Sequence s’honore de la présence de l’Iranien Siavash Amini, dont le second album publié hors de son pays natal constitue une des sensations drone de l’année. Rien de moins.

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Chaque style musical a ses repères préférés, ses phares significatifs, ses lieux où tout à chacun peut s’y poser et ne trouver que des choses qui lui siéront. Future Sequence, assurément, fait partie de ces antres rassurants dans la nébuleuse modern classical, plus underground que Denovali, plus constant qu’Erased Tapes, farouchement numérique : sa série de compilations « SEQUENCE » est une pépinière de découvertes constamment renouvelée et, miracle perpétuel, remplie de découvertes plus marquantes les unes que les autres.

La 8e – et dernière – édition de cette série m’a permis de découvrir l’Iranien Siavash Amini dont, humblement, j’ignorais jusque là l’existence. Cette indifférence involontaire n’avait probablement que trop duré, me signale – et, je l’espère, VOUS signale – l’écoute de « What Wind Whispered To The Trees », sa dernière production : cette quarantaine de minutes de musique est sans doute la composition la plus émouvante qu’il m’ait été donné d’écouter depuis le mythique « Digressions » de Greg Haines.

L’intensité de cette fusion entre drone, ambient et néo-classique est, dans « What Wind Whispered To The Trees », d’une exquise et tragique fluidité. Ce ne sont pas des notes, mais des torrents d’émotion qui se déversent, des bourrasques de réflexions salvatrices qui sont infligées à l’auditeur consentant, prêt pour un voyage au milieu d’une forêt au mieux en danger, probablement dévastée. Libre à chacun, alors, d’imaginer la signification et la portée de ce lieu assombri, dressé au garde-à-vous devant les déflagrations violoneuses qui s’invitent ici, souvent sans prévenir, vous surprenant dans vos illuminations et vous plongeant dans les plus doux des cauchemars.

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L’unique défaut de cet ensemble (avec Lawrence English au mastering, excusez du peu) est paradoxalement sa principale qualité : les trois premiers titres, « The Wind », « Dusk » et « Dark Oak Woods », sont d’une telle violence qu’ils en éclipseraient presque les quatre suivants, à la construction plus courte et à la décharge émotionnelle – légèrement – moindre. Mais cet hommage musical à Dostoïevski (« Les Possédés » et « Les Frères Karamazov » offrent ici non seulement des dénominations de titres – Aliocha et Maria Timofeyevna – mais également une ossature sensitive) n’en reste pas moins d’un niveau stratosphérique, rappelant entre autres les pleurs de « Nueblo Pueblo » de Greg Haines, « The Blue Notebooks » de Max Richter ou les plus récentes productions de Jasper TX sous son véritable nom Dag Rosenqvist (tiens, comme par hasard, « SEQUENCE 8 » en parlait déjà). On a connu pire entourage musical.

Tracklisting:

  1. The Wind 08:24
  2. Dusk 07:36
  3. Dark Oak Woods 06:28
  4. Aliosha And The Fire 04:31
  5. Maria Timofeyevna pt.1 02:40
  6. Maria Timofeyevna pt.2 05:24
  7. What Wind Whispered To The Trees 06:27

« What Wind Whispered To The Trees », de Siavash Amini, est disponible chez FutureSequence depuis le 6 octobre. 17/20. >ORDER LINK<

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Pour info : « What Wind Whispered To The Trees » est la seconde production de Siavash Amini à sortir des frontières de l’Iran, après « Till Human Voices Wake Us » publié chez Umor Rex et résumé ici par Experimedia. >ORDER LINK<

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.