ALBUM. Andrea Carri – Chronos

Quatrième album pour le pianiste italien Andrea Carri, « Chronos » étant le premier à sortir sur Psychonavigation : voici une nouvelle preuve de la fertilité des Italiens dès qu’il s’agit de produire de l’excellente musique néo-classique romantique…

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Il va falloir, à force, finir par étudier plus en profondeur ce qu’on peut déjà appeler l’école italienne. La « botte » est en effet, depuis quelques années, particulièrement en pointe pour extraire des pépites oscillant entre le classique romantique et la musique électronique, rien à voir par conséquent avec celui d’un André Rieu mais plutôt celui qu’essaimerai un Ludovico Einaudi, joyau absolu de la péninsule.

Les visiteurs réguliers de ma modeste demeure numérique connaissent déjà certains de ces noms – en particulier Bruno Bavota, Fabrizio Paterlini ou encore Emanuele Errante à ses débuts. Il va falloir désormais, indiscutablement, rajouter celui d’Andrea Carri : l’Italien n’a pourtant rien d’un parfait inconnu ni d’un illustre débutant, « Chronos » étant déjà son quatrième album. Publié ce coup-ci sur le label Psychonavigation, autre habitué des lieux, le jeune compositeur et pianiste de Campegine (Emilie-Romagne) déroule ici une réflexion musicale sur le temps, qui s’envole, qui se perd et qui s’anticipe.

A l’instar d’un Bavota, le minimalisme des pistes – voire la sobriété – cache pourtant des constructions plus complexes. « Chronos » n’est pas tant un ensemble de mélodies qu’une suite d’enchaînements, de séquences volontairement hésitantes, comme autant de questionnements sur le temps qui s’accumulent : le classique romantique se mue ainsi, souvent, en soundscape élégant ou en pop-ambient délicate, dans un bel équilibre entre éléments organiques et électroniques. L’album prend même quelques airs de majesté quand, justement, le piano s’efface quelque peu derrière les nappes électroniques à la manière d’un Eluvium voire d’un Lawrence English, là où le classicisme se laisse porter par une modernité lucide.

Ultime avantage de cet album : même si son atmosphère convient bien aux ambiances de fin d’été, son écoute fonctionnera probablement aussi bien quelque soit la saison, comme si, paradoxalement, le temps qui passe ne pouvait avoir de prise sur ce « Chronos ». Personnification mythologique du Temps et de la Destinée, ce Dieu grec n’a probablement pas fini d’inspirer les réflexions, assis en vieux sage dans nos cerveaux inquiets.

Tracklisting: 

  1. Time Flies
  2. Past
  3. Oggetti Dimenticati
  4. La Via Delle Sette Torri
  5. Present
  6. Le Parole Che Non Ti Ho Mai Detto
  7. Points Of View
  8. Future
  9. Foglio Bianco
  10. Music Is Eternity
  11. Dopo Un Raccolto Ne Viene Un Altro

« Chronos », d’Andrea Carri, est disponible depuis le 15 septembre chez Psychonavigation : cliquez >ICI< pour vous le procurer. 15/20.

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Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.