ALBUM. Umek – Rhythmia

Le vétéran de la techno slovène UMEK sort son 4e album « Rhythmia »… chez Spinnin’ Records – ce qui, depuis quelques années, est devenu mauvais signe.

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Il fut un temps, un glorieux temps, où la musique techno se dégustait à 140 bpm tirés, où Tiësto faisait encore de la bonne trance et où David Guetta n’existait presque pas. A cette période bénie de la musique électronique, donc, qu’on peut délimiter entre la fin des années 90 et, grosso modo, 2004-2005, l’un des pays qui avait la scène techno/trance la plus folle était… la Slovénie. Tu sais, ce petit pays, dont tu n’arrives même pas à écrire correctement la capitale (Liouban… Ljibla… Liubia… ouais non en fait), avait alors deux principaux centres d’intérêt : les grottes de Postojna et les productions d’UMEK et Valentino Kanzyani – ce qui, en 2002, donnait un truc de ce genre :

Le vent a tourné, depuis. Ou plus précisément ralenti : la quasi-intégralité des rois de la techno d’alors, d’Oliver Lieb à Richie Hawtin en passant par Chris Liebing ou The Horrorist, ont sérieusement baissé leurs BPM, laissant place à l’euro-dance et au hardstyle le plus agressif, tandis que la techno se mêlait de plus en plus à la minimal… ou à la progressive. C’est en effet cette alternative qu’a choisi Uroš Umek depuis plusieurs années et, au vu de son succès fort estimable, il semble avoir fait un choix plus que correct.

Bien entendu, « Rhythmia », son quatrième album studio, n’a plus grand chose à voir avec ses glorieuses collaborations avec Misjah ou Kanzyani, sans compter qu’il est publié… sur Spinnin’ Records, label néerlandais qui produisait de la trance de qualité jusqu’au jour où les Pays-Bas ont découvert l’electro house – inaugurant le massacre infini qu’est devenue cette machine à fric. Certes, Spinnin’ produit encore d’excellents artistes comme Simon Patterson mais, en général, leurs productions sont – comparativement à du DVBBS, DV&LM ou du Martin *pouah !* Garrix – aussi bien commercialisées que des chaussures de course pour des personnes amputées. En sera-t-il de même pour « Rhythmia » ?

Comparé aux autres productions du label, cet album est d’une brillance infinie ; au vu de la discographie générale du Slovène (après « Glutamate » (1997), « Neuro » (2002) et « Responding To Dynamic » (2010)), il atteste surtout d’une transition musicale pas forcément appréciée par tous, moi inclus, regroupant globalement tous les vieux cons qui savent encore faire la différence entre la techno et l’electro et, au choix, trouvent que Terence Fixmer c’était mieux avant et que le Berghain c’est quand même un peu surfait.

Avantage de ce changement de rythme : UMEK peut désormais être joué à Ibiza sans que cela soit hors sujet, et ce sera toujours de meilleure qualité que 95% des intervenants habituels.

Avantage non négligeable d’UMEK : il ne publie pas seulement des extraits de ses créations sur son – riche – Soundcloud (plus de 140 000 abonnés), mais l’ensemble de son album en écoute intégrale, histoire de vous faire une idée par vous-même sans, forcément, vous coltiner mes jugements de vieux déchet :

Tracklisting:

  1. Rhythmia (with Heartik)
  2. Ethereal Nature
  3. Hard Times (with Mike Vale & Chris The Voice)
  4. Friendly Cayenne
  5. Cloudbank
  6. Divine (with Simon Doty)
  7. Burnfire (with Jay Colin)
  8. Luftmensch
  9. Sweet Harmony (with Groovebox)
  10. Place of Pure Ones and Zeroes

« Rhythmia » d’UMEK est disponible depuis le 1er septembre chez Spinnin’ Records : >>ORDER LINK<< 13/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.