Mojito de Paris : au Mojito Lab (11e)

Il m’aura donc fallu huit mois pour décuver du Mojito Lab avant de pouvoir sortir mon papier à son sujet. C’est dire si les attentes à son égard sont grandes ! Plouf, on plonge dans le rhum.

gwendalperrin.net  mojito paris mojito lab mojito flambé allumez

Bon les enfants, je vous préviens d’avance : même si ce papier sur le « Mojito Lab » sera selon toute vraisemblance le plus long de l’histoire des #MojitoDeParis, il n’en sera pourtant que plus court par rapport à une critique de votre serviteur sur le dernier Boards of Canada. Vous vous dites (a posteriori puisqu’a priori vous ne savez pas encore ce que je vais raconter après cette parenthèse fermante) que votre serviteur, bouzouf mon chat oui, mais il va surtout tricher en mettant plein de photos pour faire croire que son papier il est rempli de choses super intéressantes. Bon les enfants, je vous préviens d’avance, vous n’êtes pas obligé de me lire, en même temps, HEIN.

Difficile de ne pas débuter ce papier SUPER BIEN PARTI par une petite histoire du « Mojito Lab ». Bon les enfants, vous avez d’ailleurs remarqué à quel point je vous appelle mes enfants alors qu’en fait pas du tout mais il faut juste que je justifie les 187 occurrences moyennes de « Je suis vieux » réalisées par votre serviteur en soirée, bref on s’en fiche, cette histoire n’est pas si longue que cela puisque le Lab, un peu comme celui d’Europe 1, n’a même pas l’âge de marcher tout seul. Lancé le 21 octobre 2010 sous la houpette du « mojitologiste » (oui !) Laurent Greco, rue Keller dans le 11e, il est toutefois super mal placé et pour y aller (même si je vous file toutes les astuces à la fin de cette interminable digression alcoolisée) il va falloir le payer cher au niveau de vos chevilles.

Une fois que vous êtes arrivé(e), vous allez commencer par le début, voire même par le commencement. C’est-à-dire, dans le cas présent, par un mojito classique (8€). Et c’est une mise en bouche relativement tiède qui vous entend, car cette composition classique – qu’on attendait évidemment extatique – a relativement déçu mes comparses de test, ayant déjà bu mieux ailleurs grâce à mes conseils avisés. Il mérite tout de même un 6,5/10, mais la menthe « veridis » devait être bien fatiguée et, côté alchimie, ce n’était pas encore ça.

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Ce qui compte vraiment, dans le « Mojito Lab », est la longue liste de spécialités qu’évidemment, moi et mon équipe de testeurs avisés, avons testé. Commençons par le « Smoky Mojito », même si je l’ai pris en photo alors qu’il n’y avait plus de fumée (la version plus jolie est là) :

gwendalperrin.net  mojito paris mojito lab smoky mojito

Pour 6€ de plus que la version originale, la différence est loin d’être folle en dehors de la fumée, mais ce n’est pas ce qui manque à Paris une fois qu’on respire la bonne odeur d’embouteillages dans le périph’ à 8h du matin. Le seul ajout dans la recette, le Bitter Fee Brothers à la cannelle, passe inaperçu (6/10).

Place au premier véritable moment fort de ce test avec le « mojithé Menthe » qui, comme son nom l’indique, contient du pamplemousse (non je blague) :

gwendalperrin.net  mojito paris mojito lab mojithé menthe

Le « mojithé » (12€), lui aussi, fume, mais pas de la même manière : basé sur la même technique que celle du maté argentin, il faut par conséquent attendre quelques minutes avant de boire ce (très réussi, il faut l’admettre, 8/10) chaud liquide. Avec, pour vous faire plaisir mes enfants, une petite #astuce de votre serviteur illustrée grâce à ce cliché où j’ai une ancienne chemise, d’anciennes lunettes et un ancien cerveau qui, à l’époque, fonctionnait encore – ne serait-ce que de manière épisodique :

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Oui, en léchant de manière adéquate la paroi du bocal, vous réussirez à faire ressortir les bulles coincées et, par conséquent, à épater vos partenaires de beuverie. Le fait que, durant la soirée, j’ai été le seul à avoir la langue assez agile pour réussir ce tour de force, ne doit pour autant pas vous faire penser que je suis un excellent embras… [On me signale dans l’oreillette que je devrais la boucler à cet instant précis de mon CAPTIVANT récit]

Pouf pouf, c’est loin d’être fini. Place désormais au « Trio Mojito » :

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(Mon voisin à la marinière se dénoncera tout seul, c’est bien moi par contre qui porte la chemise à carreaux que j’ai trouée il y a six mois, j’espère que vous, mes enfants, êtes ravis de le savoir)

Le « Trio Mojito » (14€) se compose de trois mini-mojitos qui, mine de rien, ont pourtant trois gueules bien différentes :

  1. Le premier, avec du Bacardi Superior, est le plus classique avec du citron vert, des feuilles de menthe et du sucre de canne. La base.
  2. Le second, avec du Bacardi Gold, est aromatisé à la cerise ;
  3. Le troisième, avec du Bacardi Reserva, rajoute encore plus de menthe.

Dans les faits ? On ne sent qu’assez peu la différence entre les trois nuances, la cerise paraissant absente. Je n’ai entre aucune et zéro idée de ce qu’il serait du second cocktail si la cerise était explosée dans le verre, mais l’ensemble serait peut-être plus surprenant (6/10).

Faisons maintenant mumuse avec le Mojipotter :

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Comme vous le montre avec une dextérité inédite notre testeuse maison Célia Coste, le Mojipotter est un mojito à composer « soi-même », ce qui rend la notation difficile. Pour faire simple, comme vous le voyez, le cocktail se compose à partir de deux fioles :

  1. La première, classique, contient de l’Angostura Bitter, du Bacardi Reserva, menthe, citron vert et sucre de canne ;
  2. La seconde, plus étonnante, rajoute du Perrier mais surtout du… curaçao.

Vous l’aurez compris, connaissant mon appétence pour ce nom à consonance portugaise, que j’ai trouvé l’ensemble tout à fait acceptable (8/10), mais le dosage est à réaliser en fonction de votre capacité de résistance alcoolique. Cela tombe bien, Célia est à peu près au même niveau que moi (c’est-à-dire que nous avons léché la fiole n°2 pour extraire TOUT le curaçao) :

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Un petit tour maintenant vers le « Mojito Lada », mélange entre le mojito et la piña colada :

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Ce fut la déception de la soirée : autant les ennemis de ce cocktail (genre moi) que les amateurs de cette mixture ont trouvé ce mélange pas au point. Ce qui, en tant que sale-puriste-qui-mange-les-enfants, me rassure : trop sucré, à la texture désagréable, pas chargé… Le faux pas, quoi. Non, faut pas. (4/10).

On reprend nos esprits avec le « Mojito Flambé » :

gwendalperrin.net  mojito paris mojito lab mojito flambé

Ouais ça brûle.

Par rapport au mojito classique, à noter une nouvelle fois l’ajout du Fee Brothers Bitter à la cannelle et, pour le flambage, de Bookal Menthe. La différence n’est là non plus pas folichonne par rapport à la version de base, mais cela descend toutefois de manière fort agréable dans le gosier et clôture bien notre pérégrination alcoolique (7/10).

A noter que, pour une seconde LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONGUE visite qu’il va bien falloir que je planifie un jour, notre liste de cocktails à essayer est encore bien longue : le « Spécial #1 » avec Angostura et Ginger mais, surtout, le Hemingway avec du Peychaud Bitter, le « Pastèque injecté » mais je crois que personne n’aimait la pastèque à notre tablée, le « Ginger Mojito » qu’en fait j’ai bu (8/10) mais que j’ai oublié de prendre en photo, le Bitter Mint avec de la menthe forte sans oublier tous les fruités (Fraise, Framboise, Pêche, Concombre, Passion…) à 10€.

Ce qui, grosso modo, m’amène à mettre un 7,5/10 au « Mojito Lab » : très belle carte, cocktails audacieux et service plutôt sympathique, mais lieu bof placé et bof chaleureux, prix entre l’abordable et le pas abordable, cocktails moins audacieux et choix des menthes aléatoirement pertinent.

Horaires : 18h – 2h du matin, tous les jours. 28 rue Keller, 11e arrondissement, métro Bastille/Ledru-Rollin. 01 75 77 23 95

(Et, la prochaine fois, je vous parle de la Mojito School que je suis censé faire depuis six mois mais je viens bien finir par me caler un créneau, scremildju)

(Ouais, j’avais envie de finir mon papier par scremildju)

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.