J’ai imaginé la Coupe du monde 2014 au Brésil (et je spoile un max)

La coupe du monde. C’est dans quasiment un an, mais je sais déjà tout ce qui va se passer durant cet événement sportif qu’actuellement, en 2013, tu crois qu’il va être annulé à cause des troubles sociaux au Brésil. Que dalle : cette fiesta du ballon rond va, comme je vais t’expliquer dans cette histoire réalisée en partenariat avec Luc Besson, Paco Rabanne et Henri Le Chat Noir, dépoter du mouvement de samba latéral.

Je connais un logo qui a loupé son brushing (et puis, les cheveux verts, comment dire)

Je connais un logo qui a loupé son brushing (et puis, les cheveux verts, comment dire, c’est so jamais, faut pas quoi, allô)

La grande répétition. Deux ans avant les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, la Coupe du monde de football se voyait dotée d’une mission sans égale, enfin, sans égal hormis peut-être l’ego supputé de l’auteur de ces lignes : être suffisamment au niveau, en termes d’organisation, pour que les JO se déroulent exactement comme prévu lors d’un précédent papier à rallonge (mais super bien ficelé, drôle, véridique et tout et tout). C’est dire, au vu de mes précédentes révélations urgentes EN EXCLUSIVITÉ EXCLUSIVE, si la tâche était rude quoiqu’ambitieuse – mais avant de vous parler de la compétition en elle-même et, pour commencer, de la cérémonie d’ouverture, un petit point sur le contexte entachant cette galéjante festoyade sportive.

Autant vous préviendre tout de suite, ouais, préviendre, c’est comme galéjante, je trouve ces non-mots plus jolis que les versions originales : on ne s’étendra pas sur les phases qualificatives vu que, de toute façon, je vous balance plus tard dans mon récit, EN EXCLUSIVITÉ MONDIALE, les 32 nations qualifiées et le déroulement sportif de cette manifestation. Je peux juste vous révéler la non-sélection de Franck Ribéry et Karim Benzema, pas du tout à cause de l’affaire Zahia mais ils se sont tellement frités avec Didier Deschamps qu’ils ont été virés de la pré-sélection juste après leur barrage remporté face à la Russie (en même temps, fêter sa qualification en s’enfilant une bouteille de vodka sur le terrain et en touchant les boules de Dmitri Medvedev en croyant que ce sont les nichons de la femme supputée de Vladimir Poutine, c’est un peu le combo ultime du #malaise). Le reste, pour l’instant, on s’en fout.

Ce qui importe plus, dans notre foutoir, est de l’ordre de l’extra-sportif. Deux affaires vont en effet émailler notre joyeuse célébration hétéro- et houblo-centrée : une que vous connaissez déjà si vous suivez un tant soit peu l’actu, une autre qui va éclater sans prévenir juste avant le coup de sifflet initial. La première a donc rapport aux troubles sociaux touchant actuellement le Brésil, appelés aussi « Révolte du Vinaigre » (genre fais pas celui qui savait pas). Les troubles vont donc perdurer et se stabiliser durant tout l’été et ce, jusqu’au début d’octobre, olé (ou ola, de toute façon l’espagnol et le portugais c’est comme l’italien en même temps, olu), ne perturbant toutefois pas la (re)création des stades – je reviens sur ce point juste après. A noter que cette partie du récit est à peu près la seule où je n’arrive pas à faire du LOL en barres qui ne fera même pas rire le dentier isolé de ta grand-mère, c’est d’ailleurs pour cela que ce passage fait moins de huit pages recto-verso en police Arial 8.

La seconde affaire, elle, n’aura prévenu personne. Enfin, presque personne : la France et le Vatican auront été les premières nations infectées par ce qu’il convient, en cette année 2014, d’appeler le « lobby gay ». Et pas n’importe lequel : le « lobby gay » des footballeurs, corps de métier qu’on croyait pourtant épargné par cette maladie hérésie mode-du-moment-présent-de-maintenant-ta-gueule-sale-blogueuse-mode-qui-écrit-pour-Vanity-Fair caractéristique réservée au monde de la gymnastique et de l’équitation. Il y avait, pourtant, déjà trace de quelques soupçons (et je ne parle même pas de Pep Guardiola dans ce papier, olé) (ouais, comme d’habitude, je rajoute des mots d’autres langues histoire d’accentuer le côté worldwide-connected-spacelover-TBWA-cocaïne-low-cost de mon récit, ici l’hispanicité, olé, olu, ola, waka waka) :

gwendalperrin.net gianluigi buffon

« Merde, t’aurais pu passer un coup de dentifrice sur ta langue quand même
– Scusi, j’ai pas l’habitude »

Le premier coming out d’un footballeur professionnel, celui du Suédois Anton Hysén en 2011, s’était relativement bien passé (sans parler du tragique épisode Fashanu dans les années 90) mais, paradoxalement, alors que le monde entier était en train de se faire manger par le lobby-qui-menaçait-la-croissance-économique-l’avenir-de-nos-enfants-et-la-production-de-Tagada-pas-Pink, il n’y eut pas de seconde véritable révélation. Pourtant, sur les coups du mois d’avril 2014, un mystérieux compte Twitter repéré par Vincent Glad, Terminalose et la version mongole du Huffington Post tout juste lancée nommé @GayFootballers promettait un nom de footballeur gay par jour de compétition, suscitant conjointement panique, excitation, menaces de licenciement de Pep Guardiola et nouveau single de Jenifer dont tout le monde se moqua. Durant les derniers jours avant la cérémonie d’ouverture, @GayFootballers réserva un nom de domaine sur Facebook, Instagram, Vine, Youtube, Google+ et Quora (non là je déconne), laissant suggérer une multiplicité des canaux de révélation. C’est à ce moment du récit – qui n’en est pourtant qu’à ses débuts, prévoyez le pop corn et la bouteille de gin les amis – que, tiens, je reprends un verre de gin (pour écrire toutes ces imbécillités jusqu’à présent, sachez que j’en ai déjà englouti 48).

Gibson, mon partenaire minceur (gastrique).

Gibson, mon partenaire minceur (gastrique).

Ah oui : avec tout ce foutoir, je ne vous avais pas présenté Fuleco. T’sais, la super mascotte de ce Mondial. Oui, en un mot : ce nom n’a rien à voir avec un « full eco » qu’on croirait sorti d’une notice technique d’une Renault Zoé, mais plutôt comme étant la contraction de football et d’écologie. Petit moment « acrobatie intellectuelle » : sur les douze villes retenues pour accueillir des matches, six ont carrément créé de nouveaux stades (Brasilia, Manaus, Natal, Porto Alegre, Recife, Sao Paulo) et les six autres (Belo Horizonte, Cuiaba, Curitiba, Fortaleza, Rio de Janeiro, Salvador) ont modernisé les leurs – sans compter les pantagruéliques distances géographiques entre Manaus et le reste du pays. Résultat, puisque cette coupe du Monde est écolo (c’est Fuleco qui le dit), les déplacements à partir de et vers Manaus se feront à dos de chameau nourri exclusivement avec des produits issus de l’agriculture biologique, tandis que les stades seront (re)construits uniquement avec du bambou, du papier à origami Muji et de l’air comprimé. Attention, maintenant, présentation VISUELLE de Fuleco :

gwendalperrin.net brésil football fuleco

« ET J’AI LES AISSELLES NICKEL.
– Ouais enfin c’est que le début du papier. ET ARRÊTE DE CRIER EN PORTUGAIS BORDEL
– Oh bien vu la rime
– Ouais cimer c’est un travail d’équipe avec mon auteur, qu’est-ce que tu crois »

(PS : je suis curieux de retracer le parcours de fabrication des fringues de ce renardeau sous amphéts histoire de m’assurer qu’il est bien écolo comme il faut)

PETIT INTERLUDE PUBLICITAIRE

gwendalperrin.net brésil football henri le chat noir gwendalperrin.net brésil football karine berger

[Suite]

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.