[TOP ALBUM 2012] 10 – Sylvain Chauveau & Stephan Mathieu – « Palimpsest »

By on décembre 11, 2012



Suite de mon classement des vingt meilleurs albums de l’année 2012, cet espèce de calendrier de l’Avent sonore garanti sans conservateurs (enfin, sans faute de goût et sans accent dubstep).

gwendalperrin.net Chauveau Mathieu Palimpsest

Reprenons, en guise de présentation, ce que je disais il y a tout juste un mois :

On avait laissé Sylvain Chauveau entre son « Abstractions », déjà un ensemble de reprises épurées et planantes d’Agoria ou de Paul Duncan, et son simili-best-of « Simple », audacieuse compilation de 20 inédits du Français disseminés à travers douze années de bandes originales diverses et variées. De son côté, Stephan Mathieu planait entre « Remain », sorti l’année dernière, et « Radioland » avec Caro Mikalef. Entre deux, entre eux deux, il y aura « Palimpsest ».

Derrière ce nom fantômatique se cache en fait un ensemble de sept reprises du groupe Smog, aussi mésestimé que méconnu groupe de folk de Bill Callahan, que Chauveau et Mathieu inondent sous des nappes électroacoustiques hypnotiques. De la partition originale, les deux compositeurs effacent effectivement les rythmes et ampétuosités pour, au final, faire de ce parchemin mélodique le palimpseste atmosphérique tant attendu – et qui, évidemment, ne déçoit pas.

Poursuivons ensuite avec le détail de ce travail :

Le but principal de ce travail à deux est en soi fort simple : faire perdre toute notion de conscience à l’auditeur, transporté dans un voyage intersidéral, méticuleusement tenu par un chemin musical que Chauveau et Mathieu ont bâti avec leurs mains expertes. Les sept oeuvres se suivent comme dans un musée, chaque pièce ayant le droit à sa salle, déserte et quelque peu hostile, nécessitant une importante concentration pour un résultat optimal. Une fois ces précautions prises, c’est à une succession cohérente de vertiges, montées et retombées, que se doit d’attendre l’auditeur pas rebuté par l’épreuve, car attiré par la lumière du résultat, telle une luciole dans la nuit. Et le jeu en vaut la chandelle.

Car la folk de Smog, pour dire vrai, constitue un exceptionnel terrain de jeu pour les pistes drone de Mathieu, travaillées avec une effarante précision, et la voix terriblement limpide de Chauveau, d’une fluidité totale et d’un hypnotisme intégral. Cette rencontre entre ciel et terre ne rebutera véritablement que celles et ceux qui, engoncés dans un confort terrestre bas-de-gamme, n’y verront qu’un long bruit d’autoroute pas même digne d’équiper un ascenseur. Pour tous les autres, qu’on espère nombreux, c’est à un voyage, parfois tantrique et sensuel, parfois glaçant et effrayant, rencontre quasi-divine entre des extrêmes finalement compatibles, qu’ils seront invités. On parie qu’ils ne demanderont jamais à être remboursés ?

Parfois, pas la peine d’en rajouter davantage.

#01 : The Cinematic Orchestra – « In Motion #1″

#02 : Greg Haines – « Digressions »

#03 : Grizzly Bear – « Shields »

#04 : Sophie Hutchings – « Night Sky »

#05 : Jóhann Jóhannsson – « Copenhagen Dreams (OST) »

#06 : Hot Chip – « In Our Heads »

#07 : Olan Mill – « Paths »

#08 : Max Richter – « The Four Seasons »

#09 : Dustin O’Halloran, Hauschka & Jóhann Jóhannsson – « Transcendentalism EP »

#10 : Sylvain Chauveau & Stephan Mathieu – « Palimpsest »

#11 : Valgeir Sigurðsson – « Architecture Of Loss »

#12 : Orcas – « Orcas »

#13 : Kite Hill – « Rest & Run »

#14 : Sigur Rós – « Valtari »

#15 : Maxence Cyrin – « The Fantasist »

#16 : Olan Mill – « Home »

#17 : Sharon Van Etten – « Tramp »

#18 : Vitalic – « Rave Age »

#19 : Greg Haines – « Moments Eluding (Solo Piano 3) »

#20 : Balmorhea – « Stranger »

About Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager, enseignant-raconteur de blagues et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.
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