[ALBUM] Ozgür Cän – « Put Me in a Box and Label Me »

Premier « véritable » album pour le DJ suédois Ozgür Cän qui ne fait pas qu’enchaîner les trémas dans son nom, mais aussi les styles dans sa musique.

Curieux parcours que celui du DJ Ozgür Cän qui, avec son nom, est parfois confondu dans mon esprit rouillé avec Ummet Ozcan (vous noterez que ça se ressemble quand même un peu). Cela fait désormais dix ans que, dans une galaxie trance qui a été profondément transformée, Ozgür s’entête dans un style progressive qui vient lorgner, par moments, du côté de l’electro-pop (on se rappelle de « Eternity » avec Rouzbeh Delavari). Playlisté très tôt par des DJ’s comme Airwave, Tiësto (du temps où il ne faisait pas du cra-cra) ou Gabriel & Dresden, le suédois a continué à dessiner son parcours assez loin toutefois des différents « standards » qui ont jalonné la trance ces dix dernières années (uplifting, tech, trouse…).

« Put Me In A Box And Label Me », premier véritable album du DJ (il avait déjà sorti une « Lost Archive » de dix titres l’année dernière) sonne justement comme une sorte d’adieu à cette scène trance, lorgnant ouvertement du côté des breaks, de l’electro-pop et de la chillout : en ce sens, cette transition tout en douceur n’est pas sans rappeler celle d’un certain Junkie XL. Les productions sont solides – notamment celle du single « The Kings » avec Rasmus Kellerman, déjà entendu notamment dans « There is Hope » de Zoo Brazil), franchement matures, et donnent au final un résultat sans fioritures ni incohérences. Pas l’album de l’année évidemment, mais une très bonne entrée en matière, par exemple, pour une soirée qui se finira sur du Alexander Kowalski et du Adriano Canzian, dans la lourdeur d’une nuit moite.

L’album est disponible depuis le 27 septembre chez Eat My House Records. 14/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.