[ALBUM] Chilly Gonzales – « Solo Piano 2 »

Huit ans après son premier album de compositions pour piano, Chilly Gonzales sort le second volume de ses « Solo Piano », voyage minimal et classieux dans une partie peu connue de l’univers multi-formes de l’artiste canadien.

Il n’a pas changé, Jason Beck. Curieux constat pour le néophyte qui découvrirait Chilly Gonzales : le garçon, coupable d’un récent album de hip-hop orchestral, est passé durant sa carrière par les phases electro-pop ou encore rap parodique, s’amuse avec Peaches ou encore Feist, a fait partie de Son et joue maintenant avec les Puppetmastaz. L’expérimentation, un fait naturel.

Il n’a pas changé, Jason Beck. Constat qui donne le tournis quand on se remémore que Gonzales, car Last.fm enlève automatiquement le Chilly de son nom, est un canadien résidant à Paris et qui a commencé à connaître le succès alors qu’il était à Berlin. La bougeotte, un fait naturel.

Il n’a pas changé, Jason Beck. Evidence quand on sait qu’il a donné un concert de 27 heures en 2009, déclaré avoir travaillé avec les Daft Punk l’année dernière, servi de modèles de mains pour le film sur Gainsbourg de Joann Sfar, fait des « battles » pianistiques avec Jean-François Zygel. La folie, un fait naturel.

Et dans les oreilles, qu’est-ce que cela donne ? Une expérimentation un peu folle qui bouge tout le temps. Forcément. « Solo Piano 2 » se compose de 14 pièces dans l’ensemble un chouia moins ambitieuses que celles de son premier opus, avec des jeux moins techniques et des mélodies qui coulent de source. Faut-il s’en plaindre ? Probablement pas : il constitue une fort agréable musique d’atmosphère – rien à voir avec celle d’ascenseur évidemment -, idéal pour apporter, au choix, une touche délicate, classieuse, voire bourgeoise, à presque tout moment de la vie en société. Carrément, oui.

Renaissance, néo-classique moderne, post-classique ? L’étiquette n’est en soi que fort peu importante : pas si éloigné d’un Maxence Cyrin ou d’un Aqualung quand Matt Hales reste tout seul devant sa quatre-vingtaine de touches (mais sans paroles ce coup-ci), seule compte l’élégance de la démarche, la fluidité de l’ensemble, l’exactitude presque mécanique de la composition. Un nouvel album réussi de Gonzales, un fait naturel.

L’album sort le 27 août prochain chez Gentle Threat mais s’écoute déjà là, via The Hype Machine. 15/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.