The Cinematic Orchestra : Critique en 7 actes (Episode 4)

Quatrième des sept épisodes de ma « nouvelle musicale » inspirée par le brillant « In Motion #1 » de The Cinematic Orchestra.

Présentation du contexte de cette « petite histoire » ICI, premier chapitre , second ici, troisième . La musique en question juste en-dessous (par conséquent, le texte qui suit la vidéo a été écrit en neuf minutes chrono)

Le passage obligé par le domicile de la défunte. Les témoignages sur place concordent : elle s’était construit un logement à son image. Bordélique, inconstant entre les pièces, irrégulier. Dada. Torturé. Personnel, donc.

La cuisine-salon est là pour confirmer une évidence : elle détestait faire la cuisine. Une perte de temps par rapport aux activités utiles. Vraiment créatrices, disait-elle. Il y avait des dessins sur tous les pans de mur, classés par période. Ou par humeur. Difficile de faire un cheminement logique entre des croquis d’homme qui pleure, de violons utilisés par des lunes uni-focales, des drag-queens tueuses et des paysages désolés. A lui seul, incombe désormais la possibilité d’y trouver un message, d’en comprendre les questionnements du commanditaire, d’en imaginer les destinataires. Un testament au monde.

La fenêtre : vue sur des volcans et geysers en activité. Difficile de faire plus majestueux. La nature monte la garde sur la demeure. Sur les côtés, des étendues désolées, herbeuses par endroits, rocailleuses le plus souvent. Charmants, selon l’angle de vue et de pensée. Et puis devant, la mer. L’océan Atlantique, étalé sur un bon millier de kilomètres avant d’avoir, peut-être, la possibilité d’atteindre un archipel.

L’été. Elle ne pouvait pas partir en meilleure saison. Etait-ce pour lui offrir le spectacle de ce faux coucher de soleil sur les coups d’une heure du matin, une nappe orange recouvrant la mer comme une génoise, les étoiles spectatrices comme lui du manège, juste derrière lui, à quelques années-lumière ?

L’heure n’a plus de sens. Partout, en tout temps, semble s’échapper de ce lieu l’évanescence d’un bonheur incompris et qu’elle n’avait trouvé qu’en quittant les siens. Donc le monde. Aurait-il pu faire de même ?

Aurait-il dû ?

Introduction / Chapitres : 1 / 2 / 3 / 5 / 6 / 7

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.