The Cinematic Orchestra : Critique en 7 actes (Episode 3)

Troisième des sept épisodes de ma « nouvelle musicale » inspirée par le brillant « In Motion #1 » de The Cinematic Orchestra.

Présentation du contexte de cette « petite histoire » ICI, premier chapitre , second ici. La musique en question juste en-dessous (par conséquent, le texte qui suit la vidéo a été écrit en neuf minutes chrono)

Jamais elle ne s’est arrêtée à la simple beauté de l’univers environnant. Très simple, pour lui. Beaucoup trop simple, pour elle. Inintéressant. Creux. Vague. A l’image de la prison dans laquelle ils étaient enfermés. Très tôt, elle n’a regardé que les étoiles, les constellations. Incollable en astronomie dès son plus jeune âge. L’esprit déjà détourné dans une autre dimension dans laquelle elle était la seule à s’être égarée. Très tôt, pourtant, elle a assumé. Avalé comme couleuvres également, contre monts et contre vaux.

Le monde tel qu’on le lui présentait n’avait rien d’excitant, d’imprévu. Dans les plans de la famille, son parcours était tracé jusqu’à ses 40 ans alors qu’elle n’en était qu’à former des mots avec des lettres en briques. L’incertitude de l’existence ? Le nom qui se cacherait derrière la particule de son prochain époux. Un ennui intersidéral. Auquel elle ne s’est jamais résolue. Contrairement à lui.

Pourtant, lui non plus n’a jamais eu d’épouse à particule. D’épouse tout court d’ailleurs. La chose le désintéressait. L’insistance avec laquelle on le poussait à se presser sur ce point lui faisait envier sa sœur, déjà partie vers d’autres contrées. Dans un monde semblable à celui des Aztèques, au moment de l’arrivée de Christophe Colomb. Ce qu’il n’avait jamais pu conceptualiser jusqu’alors. La volonté de changement, d’infinité, d’absolu, d’éternité. De liberté. Il ne voulait pas de compagne à particule. Il se découvrait un goût pour la solitude comme elle s’était trouvé une passion pour les geysers.

Il fut probablement le seul à ne jamais la juger en de mauvais termes. Pas uniquement parce que c’était sa sœur. Aussi, probablement, parce qu’il la jalousait. Cette conquérante des cœurs. De la nature. De l’absolu. De l’amour. De tout ce que leur éducation avait jugé bon de taire.

Introduction / Chapitres : 1 / 2 / 4 / 5 / 6 / 7

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.