[ALBUM] Phèdre – « Ode To The Swinger »

Jusque là, sortir « Phèdre » en soirée permettrait de prouver en société qu’on avait de bonnes Racines culturelles, ho ho ho jeu de mots. Mais ça, c’était avant.

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Quels sont leurs réseaux ? Phèdre est un groupe sorti de nulle part qui aime déjà brouiller les pistes. Ce trio se présente ainsi comme « three lovers from Monaco, raised in a cave of gold » (#hallu quoi) mais de nombreux éléments laissent plutôt penser qu’ils viennent… du Québec : leur présence sur la compilation « Oh Canada! 20 » de mes chouchous de The Line Of Best Fit, leur Myspace (si si ça existe encore) ainsi que l’orgie pseudo-pasolinienne au sirop d’érable (ou du miel, mais pour ma justification ça m’arrange que ce soit du sirop d’érable) qui caractérise leur premier clip « In Decay » – d’ailleurs présent sur le premier volet de mes freebies de février – laissent penser qu’il y a de la drogue dans l’air de Casa Blanca (c’est en tout cas le nom de la localité qu’ils ont laissé traîner sur leur Soundcloud) :

Les choses s’enchaînent en tout cas très vite pour cet OVNI musical puisque leur premier album « Ode To The Swinger » est sorti quasiment en même temps, le 14 février dernier (super, le cadeau de Saint-Valentin, un lubrifiant parfum sirop d’érable, le top de la hype) chez Daps Records. Le résultat de cette demi-heure (oui, c’est un LP mais ça a la longueur d’un EP, que voulez-vous) est entre le complet n’importe quoi et la sucette pop cocaïnée, une synth-pop oscillant au choix entre Ariel Pink’s Haunted Graffiti et Hercules & Love Affair. Il est surtout parfaitement obsédant, absurde et sucré et, à l’écouter, il n’est plus qu’à moitié surprenant que ce groupe mystère soit sorti aussi brusquement de l’anonymat. Et, bingo, il est en écoute intégrale juste à la suite de cette phrase, pourvu qu’elle se finisse vite !

Et pour être très complet, c’est dans quelques heures (au moment de l’écriture et de la publication de cet article en tout cas) que Phèdre fera ses grands débuts sur scène, au Great Hall de Toronto. Lecteurs d’outre-Atlantique, s’il y a moyen de grignoter un strapontin dans la salle, n’en manquez pas l’opportunité… Album : 15/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.