#IdiotDuJour : il croit braquer son dealer… loupé, c’est un gendarme

Jusque là, satisfait de sa drogue, il chantait à tue-tête « C’est D’la Bonne Beuh » en faisant des « Rêves Bleus » (avec des éléphants roses). Le jour où sa coke a baissé en qualité, il a voulu se plaindre. Et a alors commis une belle boulette (de shit ?)…

C’est un vendredi 13 qui ne lui a pas porté chance. Il est déjà tard à Salon-de-Provence en cette douce soirée de janvier – et suffisamment doux pour que sonne l’heure de la vengeance. Du haut de ses 22 ans, il s’apprête en effet à porter une réclamation au service consommateurs de son produit préféré : j’ai nommé la cocaïne, qu’il consomme à haute dose. Et la compensation qu’il veut demander a tous les atours d’une note bien salée.

Son plan d’attaque est simple : avec l’aide d’un ami, il prévoit ni plus ni moins que de braquer son propre dealer, de lui piquer sa marchandise et de la revendre. Quelques SMS envoyés à Abdelkader, et voilà nos deux agents de la justice en poudre partis pour leur expédition punitive.

Le voilà, le vil sacripan. Ni une ni deux, il lui braque un pistolet sur la tempe pendant de longues, très longues, ttttttrrrrrrèèèèèssssss lllllllloooooonnnngggggguuuuuueeeeeessssss mmmmmmiiiiiiinnnnnnnuuuuuuuttttteeeeeesssss (pardon, je sais que c’est une blague potache mais je n’ai pas pu m’en empêcher). Bilan : pas d’argent dans les poches du dealer. Pas de drogue, non plus… Et pour cause : the dealer is not the dealer! Mais un gendarme présent dans le coin pour attendre une amie. Abdelkader a sa manière bien à lui de clôturer ce flop : deux balles dans la jambe tirées avec un pistolet à billes. Et la police de Salon-de-Provence d’arrêter les deux #IdiotDuJour de ce soir…

Cette version, effectivement flopesque à souhait, est contestée un mois plus tard devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence (ça fait beaucoup de « Provence » dans ce papier tout de même). Le juge Fiorito, présidant l’audience, note que la version racontée par le prévenu est « pour le moins originale ». La lecture des SMS échangés le laisse perplexe : « en lisant vos SMS on pourrait presque avoir l’impression que vous n’avez jamais eu l’intention de braquer votre dealer, mais que vous avez juste voulu braquer celui-là pour vous faire de l’argent ». Les vengeurs non-masqués n’auraient donc été que vénaux ? Il conteste, rétorque autant que faire ce peut, rit. Beaucoup. Cela a d’ailleurs été sa principale activité durant son propre procès. Rions un peu avec lui alors : MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA. Voilà, nous avons bien rigolé, on peut avancer vers la conclusion de cet article.

Nous y sommes, d’ailleurs : il écope de 36 mois de prison dont 12 avec sursis et mise à l’épreuve ; même peine pour son complice avec 6 mois de sursis supplémentaires. Et par-dessus le chapeau, l’obligation d’indemniser Lorenzo, la malheureuse victime dont je n’avais pas encore donné le prénom jusque là, à hauteur de 5 000 euros de dommages et intérêts. Escomptons, sur une note finale pleine d’optimisme, qu’il n’aura pas l’idée de le rembourser avec de la coke récupérée chez un dealer braqué en cellule…


Cela faisait longtemps que notre #IdiotDuJour n’avait pas touché à la drogue, tiens. Fin de la divagation d’après-papier : qu’aurait-il pu y avoir d’autre au programme ? Petit <3 perso pour ces deux faussaires qui concoctent des paires de Nike estampillés Michael Jordan avec… un doigt de trop sur une main. Gros <—€ pour ce petit malin qui aime remplacer l’eau bénite par de l’urine. Énorme ////\\\\ pour ce maître indigne qui veut tatouer son chat sans poils. Et parce que je n’ai plus d’idées de smileys qui ne veulent rien dire pour exprimer mes émotions, d’une je suis un garçon incompris, de deux je te balance quelques autres histoires sous forme de liens isolés, , , et encore , lalalalalalala, lala, tais-toi Hermes House Band

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.