#IdiotDuJour : la directrice du centre pour femmes battues… battait son mari

Pour faire de l’audience, les sites d’information peuvent s’obliger à faire du trash avec des titres exagérés, des thématiques foireuses et des scoopinets sans intérêt. Pour faire de l’audience, gwendalperrin.net choisit une autre voie : dire d’une #FemmeVilaineEtMéchante qu’elle est un #IdiotDuJour pour mettre du baume au coeur de son ancien mari. On est trop sympas, en fait.

A force de se demander c’est quoi l’amour, Carole a fini par faire l’amour au sol. ALWAYS MALAISE.

Sujet casse-gueule ce soir. Et sachez-le, dans l’expression « casse-gueule », il faut comprendre un double sens particulièrement déplacé et horrible mais vu l’histoire que je vais vous conter, il faut mieux regarder les choses avec la distance de l’ironie et du caractère insolite de cette affaire pour ne pas avoir envie de massacrer votre écran d’ordinateur avec un colt.

Nous sommes au tribunal correctionnel de Tournai, qui n’est pas dans le Nord-Pas-de-Calais comme on pourrait le croire par réflexe mais bien en Wallonie, mais c’est presque pareil. L’affaire présentée en ce lundi 13 février n’est pas banale : il doit statuer sur le cas de l’ancienne directrice du centre pour femmes battues de la ville. Son délit ? Avoir tapé sur son mari. Qui, je précise par avance, ne dirigeait pas le centre pour hommes battus local, cela aurait été trop beau.

Elle aurait commis plusieurs actes de violence sur son mari entre octobre 2009 et le 24 mai 2010, selon l’accusation. Date importante que ce 24 puisqu’elle est à l’origine de la révélation de l’histoire : ce soir-là, la prévenue se serait sentie menacée par son compagnon et aurait alors saisi un couteau pour se défendre. Sur les trois coups qu’elle lui porte à cette occasion, l’un entraîne une importante blessure au bras, les deux autres sont plus superficiels. Et c’est à ce moment du récit que Carole Rousseau intervient sans prévenir et me demande, les yeux ébahis : « C’est Quoi L’Amour ? », et moi de lui répondre que c’est un fleuve asiatique, vlan, paf, à la prochaine Carole.

« Ce 24 mai, elle a réagi de façon disproportionnée et elle a eu tort de le faire » reconnaît Me Rivière, l’avocat de la défense. Et à son tour de préciser que la vie de sa cliente n’était pas facile avec son Don Juan : alcool, violences, absences prolongées, du nid d’amour conjugal, non-achat régulier de fraises Tag… Non, rien.  « On n’invoquera pas la légitime défense mais il faut retenir la provocation. Ça ne justifie rien mais ça excuse, et ça doit avoir une influence sur la hauteur de la peine » précise Me Rivière.

De l’autre côté, le gouffre. Ou, tout du moins, un récit aux antipodes, ou alors aux Antipodes avec une majuscule, archipel néo-zélandais. L’ #IdiotDuJour distrait l’internaute, lui raconte une histoire comme Père Castor ET lui apprend des choses utiles pour frimer dans les dîners mondains. Le mari, pas alcoolique pour un sou. Chauffeur routier. (Très) amoureux. « Par ailleurs, jamais la prévenue ne s’est plainte de violences physiques et psychologiques. Ni auprès de la police, ni auprès d’un proche » explique son avocat Me Tounkara. Une version semble-t-il privilégiée par le ministère public : huit mois de prison avec sursis ont été requis contre l’ex-directrice qui, depuis, aurait changé de vie. Plus drôle : durant l’audience, elle a expliqué à plusieurs reprises que cette histoire l’avait « libérée ». On se demande bien de quoi

Vous noterez, en guise de conclusion à cette telenovela compliquée, qu’elle vous est offerte sous vos yeux ébahis le lendemain de la Saint-Valentin. Et comme l’histoire date de lundi, je me dis qu’avec un peu plus d’attention j’aurais pu vous la conter ce jour-là et gâcher votre « journée de la fierté hétérosexuelle » 🙁

PS : oui, ma dernière métaphore est déplacée et peut choquer ; ceci étant, je la trouve toujours très appropriée. VLAN.

ET SINON MES AMI(E)S. On aurait vous conter la 547ème histoire d’un alcoolique dans nos lignes – celui-ci, chasseur de son état, a frappé très fort en confondant un cheval avec un sanglier. Ou un gros, tiens, qui pète une crise cardiaque au « Heart Attack Grill » (si si) après avoir ingéré un « Triple Pontage » (si si si si) à 6 000 calories (et il a survécu, si si si si si si). Enfin, toujours en Belgique tiens, une école frappe fort dans la bêtise en punissant les élèves qui oseraient… y parler français. Coucou les Wallons, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.