#IdiotDuJour : recherché par la police depuis 2 ans, il est retrouvé grâce à ses photos Facebook

Toute bonne série télévisée ou tout bon film d’action-pan-pan vous le dira : la discrétion est la meilleure alliée du fugitif, sauf si tu t’appelles Jacques Mesrine. Or Michele Grasso n’a pas encore eu de film à son nom… et il est peu probable qu’il en ait un.

Deux ans qu’il habitait Alcatraz. Depuis qu’il était parti de Taormina (non ce n’est pas une localité de Polynésie Française avec des poissons nucléarisés mais bien une petite ville de Sicile) en 2010, le profil Facebook de Michele Grasso indiquait toujours la même adresse postale : Alcatraz. Notre #IdiotDuJour n’est donc pas tout à fait notre #DébileProfondDuJour en indiquant carrément l’ensemble de ses coordonnées avec le digicode de sa porte d’entrée. Mais il n’en reste pas moins d’un haut niveau : jugez plutôt.

Au début, pourtant, son jeu provocateur pouvait paraître drôle. Notons d’abord que Michele n’est pas non plus notre #AngeGardienDuJour : recherché par la police italienne pour diverses affaires de trafic de drogue, il avait visiblement d’excellentes raisons de partir précipitamment de son home sweet home. La première preuve de vie qu’il donne après son départ se matérialise – et je vous laisse trois heures pour chercher une éventuelle symbolique – est un ensemble de photos de lui en train de construire un bonhomme de neige avec, pour seule légende d’accompagnement, accrochez-vous à la musicalité de ces mots transcendants d’héroïsme : « Fantastique ! Voyez-vous à quel point tout est beau avec cette neige ? ». Brillant. Me. Répond. Christine Angot. Fort fûté, un de ses amis demande en commentaire : « Pourquoi tu ne me dis pas où tu es ? C’est au cas où tu te fais choper ? ». COMMENT TE DIRE…

Tradito dalla foto su facebook latitante siciliano preso a LondraCe petit jeu du chat et de la souris a ainsi duré deux ans, avec une masse d’indices toujours grandissante. L’album « Noël à Londres » a, FORT CURIEUSEMENT, donné des idées aux policiers pour le localiser, dispatchant par la même occasion tous les détails de sa trépidante vie de fugitif : un passage au mythique club Ministry Of Sound, Oxford Circus, Tower Bridge… Puis, le pompon : un autre album « Mon 24ème anniversaire (à Londres) » au bras de sa copine du moment. Mais dites-moi, où peut-il donc bien se trouver ? Continuons le carnet de voyage : le mois dernier, Michele travaillait dans la cuisine d’une pizzeria à Woodford Green et il y a deux semaines, il faisait mumuse à Madame Tussauds avec Barack Obama, Tom Cruise et David Beckham.

Et figurez-vous que c’est seulement à ce moment-là que la police italienne a eu une idée fort intéressante : contacter Interpol pour arrêter Michele Grasso, visiblement, à Londres. Quelle perspicacité ! Et deux semaines plus tard, c’est-à-dire samedi dernier, notre réseauteur compulsif a été arrêté dans la capitale britannique dans le cadre d’une opération de police nommée, je ne sais absolument pas pourquoi, « Big Ben ». Renvoyé en Italie, il serait désormais dans une prison de Rome pour purger la peine de prison de 5 ans à laquelle il avait été condamné par contumace en 2011… J’utilise le conditionnel car à l’heure actuelle, il est toujours indiqué sur son profil Facebook qu’il habite Alcatraz. Et comme le dirait Jon Arbuckle, « tout ce qu’on trouve sur Internet est forcément vrai ».

PS : toute cette affaire serait-elle arrivée si, au lieu d’utiliser Facebook, Michele Grasso s’était servi de Foursquare ? Vous avez quatre heures.

 PS 2 : si tu n’as pas compris la dernière référence, tu ne regardes pas assez Garfield sur France 3 le matin.

Déjà fatigué de voyager, même de l’autre côté de la Manche ? Es-tu sûre de ne pas vouloir découvrir la nouvelle Miss Russie qui a payé 300 000 euros pour se voir décorée ? Sinon je peux te proposer ce voleur qui soumet à un orfèvre des bijoux qu’il lui avait volés deux ans auparavant, ce dealer qui propose de la came dans une bagnole qui n’est rien d’autre qu’une voiture de flics banalisée ou encore cette employée d’une animalerie qui volait et revendait des serpents sur le parking de son patron. Ils sont pluriels et worldwide, nos idiots. Élevés en plein air. Débiles devant l’éternel. Et tu en demandes encore, ESPÈCE DE SADIQUE

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.