#IdiotDuJour : elle laisse sa fille seule devant l’écran plat pendant 5 jours avec des Monster Munch

Petite note à destination des jeunes parents qui me lisent : on n’élève pas des enfants comme on élèverait Garfield. Les laisser seuls à manger des cochonneries devant la télé à longueur de journée, c’est bon pour les chats qui parlent (je ne m’inclus qu’à moitié dans ce constat, je préfère mon écran d’ordinateur), pas pour les bambins…

Je vais commencer ce papier par un petit #JeudiConfession. Cela fait le second papier consécutif où je mets en avant une femme seule et au comportement indigne mais cela relève, je précise, du plus pur hasard. Je ne voudrais pas qu’« Osez Le Féminisme » y voit un quelconque machisme invétéré de ma part. Précision faite, et allons-y maintenant.

Rendons-nous à Dartford, ville natale de Keith Richards et Mick Jagger, à 25 kilomètres à l’est de Londres. Nous sommes en novembre 2010, le temps n’est pas au beau fixe… Allons chez les Terry, sur Willow Road, où vivent Natalie, âgée de 26 ans, et sa fille âgée alors de 6 ans. La petite s’inquiète : sa mère n’est pas rentrée à la maison la coucher. Qu’à cela ne tienne, le lendemain elle se réveille et s’habille pour aller à l’école… mais pas plus de trace de Natalie que la veille au soir. Par précaution, elle reste dans la maison : l’extérieur peut être hostile pour une fillette de son âge. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que cette situation ubuesque va se prolonger durant cinq longues journées… Et que je me mets à finir mes paragraphes comme les rédacteurs du « Nouveau Détective », sur un faux suspense insoutenable appuyé par trois points de suspension !

Pas grand chose dans la maison, si ce n’est le chat – dont on retrouvera naturellement des déjections un peu partout sur le sol – et un écran plat. Pour la nourriture, ne reste à la fillette qu’à se gaver de ce qu’il y a, c’est-à-dire de l’eau et des Monster Munch. L’histoire ne dit pas si le dénouement aurait été différent si les chips avaient été des Doritos ou des Lay’s. Mais après cinq jours, toujours sans nouvelle de sa mère et en proie à la faim et à la soif, elle se risque finalement à aller frapper chez le voisin qui prendra les mesures nécessaires.

L’histoire pourrait paraître affreuse s’il était arrivé quelque chose de fâcheux à Natalie Terry. Sauf… que ce n’était absolument pas le cas. Une fois retrouvée, elle se contentera de dire, pour expliquer son geste, qu’elle « a négligé sa fille… C’est tout ». C’est tout, oui. Elle n’aura jamais dit où elle s’était trouvée durant ces cinq angoissants jours d’absence, expliquant juste qu’elle « cherchait à gagner de l’argent et garder son emploi ». Motif louable sur le principe mais avec une étrange mise en application…

Natalie Terry vient d’être condamnée à 18 mois de prison ferme pour négligence, avec refus de sursis suite à la gravité des faits invoqués contre elle. Sa fille a été placée et, espérons pour elle, vivra des jours plus tranquilles. Par contre, et c’est un véritable scandale que je vais dénoncer – et accompagné pour cela par Garfield lui-même -, vous avez remarqué que dans ce genre d’histoires, on ne sait JAMAIS ce que deviennent les animaux ? Pareil ici : aucune nouvelle du chat. Mesdames messieurs les journalistes, n’oubliez désormais JAMAIS ce détail d’une importance cruciale pour mon petit coeur les lecteurs qui paient vos salaires, bisous.



A quoi avez-vous donc échappé en ce quatrième jour de la semaine ? Soyons foufous, évoquons brièvement ce casse-cou qui ne trouve rien de mieux à faire que du surf sur un lac gelé en janvier, cette entreprise qui vire une de ses salariées parce qu’elle a sauté une pause déjeuner ou encore Scotland Yard qui paie 54 000 dollars pour appeler l’horloge parlante. Bientôt le week-end et TA GUEULE LORIE, bisous.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.