Retour sur concert : Jim Rose Expedition + Amber & The Dude @ La Loge (19/12/2011)

Lundi soir dernier, bien caché au fin fond de la cour de la Loge, deux groupes français avec quelques années d’expérience désormais fourbissent leurs armes pour la soirée Klaxon. Leur but : séduire, une nouvelle fois, un public pas toujours connaisseur. J’y étais.

Partie 1 : Jim Rose Expedition.

Commencement pour le moins acrobatique puisque ce groupe, originellement un quatuor, se retrouve sur la scène… à deux. « On va vous faire un set acoustique alors », avec deux guitares dont une électrique. D’accord.

Première chanson à la mélodie intéressante, mais soporifique en guise d’introduction : n’est pas Sigur Ros qui veut. Surtout, et ce que je croyais être une exception se révéla être par la suite la norme, le chanteur (Jim donc, qui chante en anglais, français et espagnol) a pour fâcheuse habitude de partir au moins une fois par titre dans des saturations vocales qui, en plus de ne pas forcément coller à l’atmosphère des chansons en question, agressent le plus souvent l’auditeur. Mimique étrange et le plus souvent dispensable, ce qui rend la chose d’autant plus dommageable.

Passer de quatre à deux donne forcément un autre aspect aux titres d’origine : résultat, le début du concert dans son ensemble a quelque chose d’assez neurasthénique et ne dégage ni énergie ni magie. Dommage car, même si elles sont parfois répétitives, les mélodies sont souvent intéressantes et mériteraient d’être mieux exploitées. La performance s’arrangera légèrement vers la suite (par contre, la chanson « Nicaragua« , bien que sincère et personnelle, c’est non) et les chansons présentées comme « nouvelles » (deux premières tentatives en live durant ces 40 minutes) ont paru en « acoustique » meilleures que les anciennes, plus fines, moins stéréotypées. Une trajectoire à poursuivre vraisemblablement, et un groupe à revoir dans sa configuration complète pour une autre « vision » de leur discographie (Lien : leur Facebook avec des extraits studio).

Partie 2 : Amber & The Dude.

Pas de chichi : le groupe est un duo, pas un quatuor, c’est écrit jusque dans le nom du groupe. Amber (alias Ambre Delbart) & The Dude (alias Edouard Polycarpe), qui se connaissent depuis déjà plusieurs années : on ne peut pas faire plus explicite. Après le passage du premier groupe, c’est déjà un gros surplus d’énergie qui se dégage de leur début de prestation : Ambre est dynamique, bouge tout le temps, sait mettre le swag ; Edouard n’est pas juste un assistant instrumental au fond de la salle bien caché, c’est un vrai complément qui chante quasiment sur la même tonalité que sa camarade et qui se jette à fond dans ses numéros.

La complicité entre les deux est évidente, les regards amusés fréquents. D’un côté les percus, discrètes mais présentes (tambourin) qu’utilise Ambre en chantant ; de l’autre la guitare et les mélodies, parfois accompagnées au chant avec Edouard.

Les titres s’enchaînent sans relâche (genre les vivaces « Honey » et « Change »), l’appel au public quelquefois réalisé, souvent un succès (malgré la configuration de la salle : assis sur des micro-coussins, nos postérieurs ont vraiment souffert). On sent un début de base de fans assez fidèles qui sont allés les voir plusieurs fois, un public jeune mais pas trop, enfin cela dépend de ce qu’on entend par la jeunesse : disons, à peu près 20 ans dans le cas présent. En plus de leur discographie originale déjà pas mal fournie, le duo n’hésite pas à tenter les reprises. George Michael, Florence + The Machine (source d’inspiration pour Ambre, presque jusque dans la chevelure) et pour finir les Beatles passent à leur moulinette pop-acoustique et, c’est suffisamment rare pour être signalé, la transformation fonctionne très honorablement à chaque fois. Bingo.

Petit couronnement : iTunes leur ouvre ses portes avec la sortie de leur premier titre sur la plateforme, « Sorry Boy », avant un EP courant printemps 2012. Bref, ils pourraient aller bien loin (Lien : leur Facebook).

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.