Les 25 meilleures chansons de 2011

Comme pour mon top albums,  je n’ai vu nulle part ma chanson de l’année trôner en haut d’un quelconque chart. (Ceci étant, cela m’étonne moins pour ma chanson que pour mon LP). Et effectivement Lady GaGa ne figure pas dans ce classement.

gwendalperrin.net meilleures chansons 2011

25 volutes d’énergie ou de beauté pour rythmer votre journée, 25 invitations à s’échapper, à virevolter, à s’évader, à danser, 25 prétextes pour pousser le volume à son extrémité. 25 chansons de l’année. Mieux que l’année dépassée.

25. Heartbeat Hotel – Windowsill 1

Cette petite balade venue du Canada ouvre de manière idéale ce classement : un peu sans prétention, tout en évasion, une mélodie efficace et des souvenirs qui remontent. Trois minutes toutes simples dont on ressort forcément dans un meilleur état qu’avant de les avoir vécues.

24. Atari Teenage Riot – Blood In My Eyes

A l’extrême opposé de ma précédente proposition, le premier single du dernier album de ces satanés Allemands est une invitation pour… tout casser chez soi et chez les voisins. Une boule d’énergie à ne pas mettre entre toutes les mains sous peine de crises d’apoplexie. Dommage que l’album « Is This Hyperreal? » ne tienne pas la distance…

23. LCD Catsystem – Lick Yrself Clean

Je ne pouvais décemment pas passer à côté de cette merveille de WTF félin ; cette reprise poilue (et poilante) du « Dance Yrself Clean » des (hélas) défunts LCD Soundsystem est un grand monument de n’importe quoi. Tout comme je les aime. Miaou !

22. Peter Bjorn & John – Second Chance (RAC Remix)

Petite surprise avec ce remix étonnamment fluide du trio Peter Bjorn & John par les Américains de RAC. Ou quand la folk sympatoche se fait retoucher dans une couleur synth-pop disco plutôt audacieuse, ce titre est l’une des nombreuses bonnes pièces que nous a fournis cette année le Remix Animal Collective… Pourvu que ça dure !

21. Chad VanGaalen – Peace On The Rise

Avec Chad VanGaalen, on sait tout de suite où on met les pieds : un folk moelleux mais pas débilitant, baba-cool mais pas drogué, relaxant sans sombrer dans l’ambient expérimentale. Le Canadien nous a gratifié cette année d’un album d’honnête facture, « Diaper Island », d’où ressort l’excellent « Peace On The Rise » dont le message est résumé dans le titre. Ce qui est toujours bon pour la compréhension…

20. Henrik Christensen – New Life (Jorn Van Deynhoven Remix)

Une pincée de sons dancefloor dans ce classement pour les plus notables : en termes d’uplifting trance, Henrik Christensen et Jorn Van Deynhoven ont tout déchiré cette année chez Future Sound Of Egypt, pour ce qui est probablement l’une des plus grosses tueries de l’année. Une mélodie à tomber, un beat puissant mais qui ne prend pas tout l’espace, dommage que la France préfère se concentrer sur David Guetta. PS : j’ai commis un bootleg vocal de ce titre ici.

19. BT – Forget Me (Michael Cassette Remix)

Autre tentative dancefloor mais dans un tout autre registre : big-up pour cet excellent remix ressorti cette année du duo finlandais Michael Cassette (je sais, c’est pas très finnois comme nom, en même temps Le Corps Mince de Françoise non plus), l’une des signatures progressive house les plus agréables et cohérentes des trois dernières années. La mélodie et la voix de Brian Transeau passent très bien à travers leur moulinette et personne ne s’en plaindra…

18. City & Colour – Northern Wind (Maor Levi’s Private Remix)

Changement de registre complet avec ce remix de City & Colour par Maor Levi, originellement DJ (aussi) de progressive house/trance mais qui livre ici un travail qui a beaucoup plus à voir avec le tout meilleur des malheureusement défunts Telefon Tel Aviv qu’avec la dernière compile dance à la mode. Le DJ israélien surprend ici avec une composition fine et émouvante, claque venteuse sur les certitudes.

17. JJ – Can’t Stop (feat. Ne-Yo)

Autre belle surprise avec ce superbe titre « en deux phases » de JJ. Première étape avec la superbe montée vocale de Ne-Yo et sa voix si particulière, dans un contexte presque chillout, avant que le rythme prenne tout de suite plus de groove et trouve sa place ailleurs que dans les compiles « Chilltronica » de Blank & Jones (quoique…). Inarrêtable.

16. Orcas – Until Then (Broadcast Cover)

Ce fut l’un des drames musicaux de l’année : la mort de la chanteuse de Broadcast, Trish Keenan, au début de 2011. Alors qu’un album d’inédits est annoncé pour plus tard par les membres restants du groupe, Benoît Pioulard (encore un de mes chouchous) et The Sight View lui ont rendu hommage avec cette reprise particulièrement inspirée de « Until Then », une version toute en montées et en émotions jusqu’à l’explosion finale. En même temps, Pioulard qui fait du mauvais travail, on ne verra cela pas avant 2074…

15. Factory Floor – Two Different Ways

Une des pépites de la fin d’année : huit minutes de néo-disco pour retomber au coeur des années 80, paumé à New York, seulement guidé par le rythme de la nuit. « Two Different Ways » est en ce sens une petite merveille d’efficacité, groovy comme il faut, hypnotique sur la distance. Avec le clip qui va avec.

14. The Black Keys – Lonely Boy

Peu de rock dans ce classement mais je pouvais difficilement passer à côté de ce titre des Black Keys (l’un des groupes préférés des critiques de l’année, je ne crois pas me tromper en disant cela), véritable pépite d’énergie à te tirer de ton plumard même si tu as les deux jambes dans le plâtre, indispensable à placer dans ton lecteur MP3 pour supplanter les musiques affreuses du métro. Absolutely gorgeous (et puis le clip me fait trop rire aussi mais c’est un détail).

13. Emanuele Errante – Leaving To Nowhere

Pièce introductive du sublime « Time Elapsing Handheld », ce titre d’Emanuele Errante brille par la pureté de sa progression, entre amoncellement des sonorités, des troubles, des motifs mélodiques et ce, sans perdre une once de cohérence. L’ambient post-rock, style caractéristique du compositeur italien, a sans trouvé là son hymne absolu, dans la lignée d’une pièce de Jasper TX.

12. 2Cellos – Where The Streets Have No Name

Difficile de faire un album sur une seule et même astuce sans lasser… L’album éponyme des 2Cellos (croates de leur état) le prouve et n’est pas forcément toujours convaincant. Mais leur reprise du « Where The Streets Have No Name » de U2, pièce introductive de leur opus, est de l’ordre de ce que l’on peut appeler une merveille absolue. J’en attends désormais la version longue avec multiplication des motifs pour atteindre la perfection.

11. Sean Tyas & Björn Akesson – Zahi

Seconde escapade uplifting trance dans ce chart après Henrik Christensen avec ce titre euphorisant au possible de deux des rares DJ de trance qui ne se sont pas mis à faire n’importe quoi ces dernières années, le Suisse Sean Tyas et le Suédois Björn Akesson. « Zahi » est un titre puissant, mélodiquement imparable, euphorique au possible. Difficile de ne pas atteindre une dimension parallèle avec une énergie pareille…

10. Gang Gang Dance – Mindkilla

Autre pépite énergétique fortement recommandée pour lutter contre l’apathie (ou contre Jean-Michel), « Mindkilla » de Gang Gang Dance est de loin la meilleure piste de l’album dont elle est issue (un peu décevant le « Eye Contact » par ailleurs). Voix entraînante, début survitaminé, rythmique de dingue puis, alors que la chanson pourrait s’arrêter à sa moitié, la « douceur » continue encore histoire d’évacuer vos dernières gouttes de sueur. Plus efficace qu’une séance de fitness privée !

9. Yuksek – Always On The Run (Peter & The Magician Remix)

Encore meilleure que la version originale (qui a eu les récents honneurs du petit monde de la publicité), cette version d' »Always On The Run » par Peter (Yuksek lui-même en fait) & The Magician (un de ses habituels comparses) ultra-dynamise la version de base et la monte en délire synth-pop progressif d’une pertinence rare. Impossible de ne pas empoigner le micro de karaoké et de jeter ses ultimes tripes dans les volutes de cette pop-house survoltée…

8. Bibio – Don’t Summarise My Summer Eyes

Titre externe à son album du début de l’année « Mind Bokeh », « Don’t Summarise My Summer Eyes » est une petite pépite chillout-electronica dont a toujours su nous gratifier Stephen Wilkinson. Le truc en plus avec ce titre : la conclusion, après un peu plus de quatre minutes de douceur, dans un piano solitaire et majestueux. La mélodie qu’il dégage, simple et lumineuse, marque les esprits au fer rouge.

7. The Boxer Rebellion – Both Sides Are Even

Cette chanson est définie par beaucoup (et j’en fais partie) comme LE grand titre qu’aurait dû pondre U2 depuis des années. Loupé, c’est The Boxer Rebellion qui le sort, au milieu d’autres pépites comme le sublime « Doubt » sur leur dernier album « The Cold Still ». Tellement irlandais dans la sonorité, une mélodie en Do majeur qui cartonne, une voix qui plane, beaucoup de vertiges et de volupté dans l’ensemble.

6. Nils Frahm – More

« More » conclut l’album « Felt » de Nils Frahm (qui fait étrangement partie de mon Top Albums également). A l’instar de « Nue » sur son précédent « Wintermusik », « More » est une longue litanie aux atours glacés mais hypnotiques, aux sonorités volontairement imparfaites et à la mélodie chancelante mais forcément superbe. Les trois phases de cette pièce de très haute facture se complètent magiquement, transportant l’auditeur là où veut le transformer le compositeur. C’est-à-dire, vers un lieu près du ciel.

5. Peter Broderick – It’s A Storm When I Sleep

Numéro un l’année dernière avec le splendide « Pulling The Rain », Peter Broderick ressort encore un titre dans le top 5 avec le sublime « It’s A Storm When I Sleep », extrait de l’EP commun « Glimmer » avec Takumi Uesaka. Un piano, une église, de l’écho, du talent à revendre. Et une idée de mélodie à tomber par terre que le compositeur américain répète à l’envi, fait varier, progresser, évoluer pendant près de huit minutes sans lâcher sa prise. Une ode à l’évasion mentale absolue.

4. Mike Shiver & Matias Lehtola – Slacker

Sans conteste LE titre progressive de l’année. Là où Above & Beyond ont réussi à se placer dans le Top Album grâce à un « Group Therapy » de très haute facture, les deux DJs s’associent une nouvelle fois pour sortir une ritournelle prog trance à la mélodie d’apparence simple, terriblement sautillante, hypnotisante. La chute du milieu du titre a des atours de jet dans le précipice avant de remonter magiquement avec une montée mélodique et rythmique hallucinante. Un must-have pour tout DJ de ce nom (mais impossible de charger une vraie et complète vidéo :-().

3. M83 – Midnight City

Tiens, un Français dans le classement ! Rarissime mais mérité. M83 alias Anthony Gonzalez a sans conteste pondu l’hymne pop de l’année avec un « Midnight City » léger, fulgurant, fourmillant de bonnes idées. Autant l’album correspondant « Hurry Up We’re Dreaming » ne tient pas vraiment la distance sur le long terme, autant ce titre est conçu pour hanter les cerveaux pendant de très nombreuses années.

2. The Irrepressibles – In This Shirt (Röyksopp Remix)

La version originale de ce titre, sortie en 2010 sous la coupe de Jamie McDermott alias celui-qu’on-confond-toujours-avec-Antony-Hegarty, se retrouve magnifiée par ce remix délicat et surprenant du duo norvégien. Le début en montée n’est absolument pas retouchée, et la rythmique prend son temps pour se déverser – de manière douce et parfaite, hypnotisante à juste dose. Et la chute en vertige intégral, un must-listen-to du genre, est un délice dont il est très difficile de se remettre. Tant mieux, ne vous en remettez pas.

1. Kite Hill – Picton Trip

Voilà un numéro un que personne ne connaîtra ! Et pour cause, Kite Hill n’est pour l’heure qu’un groupe confidentiel de pastoral pop/rock canadien guère connu au-delà des frontières de l’Ontario. Leur « Picton Trip » a pourtant franchi l’Atlantique et apporté un souffle de magie hallucinant sur mes oreilles. Mélodie au ciseau, voix qui colle parfaitement, orchestration au couteau, ce titre a tous les composants d’un hymne évident et universel. Ne reste plus qu’à le faire connaître au monde…

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.