You Are What U Tweet

La data-visualisation des informations, abrégée le plus souvent par DataViz, a un nouveau portail qui lui est entièrement dédié : visual.ly.

Il y a encore quelques années, avant que l’Internet-qui-n’oublie-jamais ne débarque avec tous ses nouveaux outils sur la planète Info, les représentations graphiques dans les journaux ne se limitaient souvent qu’à de simples graphiques, type diagrammes, et il fallait rajouter un peu de BD et des photos d’agence pour que l’information ne soit pas uniquement un long tunnel textuel.

Un constat – « un chouia caricatural » – que la data-visualisation remet progressivement en cause. Visual.ly est ainsi un nouveau site où les données sont synthétisées par d’intéressants graphiques. Sa première application concrète – presque virale – s’appelle « You Are What You Tweet », littéralement « Vous êtes ce que vous tweetez », et si j’ai écrit U au lieu de You dans le titre de cet article c’est uniquement parce que je préfère la langue américaine à la langue britannique.

Et vous, les Twittas et Twittos, qu’est-ce que vous êtes de votre côté ?

De mon côté j’ai un peu de mal à comprendre la liste de topics que je suis, où Matthieu Grambert et Patricia Tanne se retrouvent noyés dans une liste de pronoms fort peu intéressante. Je n’enverrais qu’un peu plus de 4 tweets par jour alors même que les faits s’orientent plutôt vers une quarantaine de notifications quotidiennes de ma part. J’aurais aussi 0.36 follower de plus par jour, alors qu’en réalité j’en suis plutôt à 1,7, et mes « strongest connections » sont essentiellement avec des gens avec qui je communique peu ou pas ! L’outil semble donc avoir quelques limites. Et l’intérêt de ma timeline ne serait donc que de 0.53% ? VILAIN.

Du côté d’Alice Antheaume, le constat n’est guère plus brillant : la responsable de la prospective et du développement international à l’école de journalisme de Sciences Po n’enverrait que 0,07 tweet par jour (soit deux tweets par mois) et n’attire qu’un follower de plus tous les mois (alors même qu’elle est au contraire l’un des comptes francophones les plus suivis de la planète). Mouais…

Notez que pour une cartographie personnelle un chouia plus fiables de sa tweet-personnalité, le célèbre Klout reste encore un des moins mauvais outils d’analyse.

Rien de parfait dans ce moyen d’étude toutefois : je ne vois pas en quoi je suis influent à propos des Nations Unies (et en quoi je suis influent en journalisme, si tant est qu’être « influent en journalisme » veuille dire quelque chose), et surtout je ne vois pas en quoi je suis personnellement influencé par Justin Bieber, Nikos Aliagas et Emery Doligé… Plutôt boire de l’eau de Javel au petit-déjeuner que d’être leur disciple !

Ceci étant signalé, notons toutefois que l’interface générale de Visual.ly, après quelques bugs initiaux dus à un nombre trop élevé de connexions – mais comme me le précisait probablement à juste titre la journaliste infographiste Karen Bastien, ceci peut aussi être perçu comme un signe d’un grand intérêt pour ce type novateur d’informations – est assez prometteuse et compte déjà des contenus dignes d’intérêt, voire déjà drôles comme cette cartographie décalée des différentes personnalités en fonction des réseaux sociaux. Gageons qu’à moyen terme les média qui s’entêteront à passer à côté de ce virage graphique n’auront même plus de membres pour s’en manger les doigts…

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.