Année musicale 2011 : à mi-chemin…

Après une année musicale 2010 un peu faiblarde, 2011 a curieusement commencé plutôt fort avec une flopée d’albums marquants. Retour sur six mois d’intense curiosité sonore satisfaite.

(Classement évidemment subjectif et susceptible de changer après des écoutes supplémentaires)

10. Bibio – « Mind Bokeh »

Décrié par certains comme un peu trop fouillis, le cinquième opus de Stephen Wilkinson aka Bibio n’en reste pas moins une plaisante expérimentation, au carrefour de l’electronica, de la pop voire de la world music. L’EP qui l’a suivi (« K Is For Kelson ») comporte d’ailleurs la pépite « Don’t Summarize My Summer Eyes » qui figure sur la compilation RVETMC de juin.

9. John O’Callaghan – « Unfold »

Alors que les rythmes binaires et les gros beats puissants ont quasiment disparu de l’univers électronique mainstream, le DJ irlandais John O’Callaghan prouve avec son deuxième album « Unfold » qu’il n’a pas l’intention de se laisser dicter les tic tic de son métronome. Méchamment conseillé pour les dancefloors.

8. Agoria – « Impermanence »

On est rarement déçu avec Sébastien Devaud aka Agoria, DJ français qui a autant de points communs avec David Guetta qu’une chaussette avec un hippocampe. « Impermanence » est un album techy, crade, salace et s’offre même le luxe d’avoir un featuring de Carl Craig.

7. Peter Broderick & Machinefabriek – « Mort Aux Vaches »

Deux des leaders de la scène néo-classique mondiale offrent avec « Mort Aux Vaches » (titre d’album il est vrai détonnant) un sublime récital de douceur, d’émotion, d’intelligence musicale.

6. Takumi Uesaka/Peter Broderick – « Glimmer EP »

Amusante « collaboration » entre deux instrumentistes solo sur l’EP commun « Glimmer » : le guitariste japonais Takumi Uesaka ne s’accompagne que de sa petite voix pour nous bercer avec trois ritournelles optimistes, tandis que l’américain Peter Broderick s’arme de son piano pour, au contraire, livrer quatre pièces paradoxalement sombres et lumineuses à la fois, dont le sublime « It’s A Storm When I Sleep ».

5. System 7 – « Up »

Cela fait maintenant plus de vingt ans que ce bon vieux couple de soixantenaires qui se cache derrière l’identité System 7 tente de concilier musique électronique et guitares acérées. Dans leur discographie dont le graphique de la qualité a des allures de montagnes russes, « Up » est incontestablement dans le haut du panier. Et avec la collaboration d’A Guy Called Gerald s’il vous plait.

4. Above & Beyond – « Group Therapy »

L’auteur-de-ces-lignes avait peur que le second album studio du trio anglais n’ait, avec l’évolution – vers le bas – du style trance mainstream, même pas la qualité suffisante pour arriver à la cheville de leur précédent commis, « Tri-State » (2006). Alors certes, les beats sont effectivement un peu plus lents. Mais pour le reste, l’auteur-de-ces-lignes est grandement rassuré. Et les voix de Richard Bedford et Zoe Johnston sont toujours autant à tomber.

3. Emanuele Errante – « Time Elapsing Handheld »

Magnifique production du compositeur de néo-classique expérimental italien Emanuele Errante avec cette oeuvre en sept actes où voyage, contemplation et doute se confrontent, dans un déluge de pianos et de sonorités hallucinées, un appel à l’évasion de l’instant.

2. Schiller – « Die Einlassmusik 7″

A côté de ses albums studio (dont le dernier « Atemlos« ), Christopher Von Deylen aka Schiller publie une série de compilations ambient sous la bannière « Die Einlassmusik« . Il faut l’avouer, son septième volume est à tomber par terre. Pendant l’heure d’écoute de cette oeuvre minimale, prière d’éteindre votre téléphone et de vous laisser transporter : vous devriez, en toute logique, atterrir sur Pluton.

1. Dustin O’Halloran – « Lumiere »

Avec Peter Broderick, Nils Frahm et Olafur Arnalds dans les petits papiers, l’album « Lumiere » de Dustin O’Halloran ne pouvait décemment être qu’une grande réussite. Mais grâce au talent du compositeur américain installé à Berlin, les superlatifs perdent de leur sens : la réussite s’est muée en merveille intemporelle. A faire écouter à tous celles et ceux qui croient que le classique, « c’est pas pour moi », et aussi à celles et ceux qui ont compris que le classique, même « moderne », était pour tout le monde.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.