[ALBUM] Dirty Vegas – « Electric Love »

Après sept ans de silence quasi-complet, le trio britannique Dirty Vegas sort de sa léthargie et propose « Electric Love », troisième album qui s’amuse une nouvelle fois des frontières entre pop et electronica.


Le succès de Dirty Vegas est né sur un malentendu. « Days Go By », premier single du trio composé de Steve Smith, Ben Harris et Paul Harris (ces deux derniers ne faisant pas partie de la même famille), offrait une partition froide et sexuelle, repérée par les charts, les palmarès (« Best Dance Recording » en 2003 aux Grammy Awards) et les publicitaires. C’est méconnaître la force créatrice de cette triplette, plus à son aise dans la pop-house sautillante que dans l’electronica glaciale.

« Electric Love », l’album du retour, arrive neuf ans après un premier opus éponyme et sept ans après « One » qui avait partiellement déçu son auditoire. Il s’ouvre sur un « Little White Doves » énergisant au possible, assurément l’un des points forts de l’ensemble. D’autres petites perles dancefloor surnagent, comme le très efficace « Pressure » et les plus posés « Changes » et « Round & Round ». « Emma » se teinte de couleurs néo-disco, tandis qu’au contraire « Never Enough » accélère singulièrement les bpm dans un délire fast-dance inspiré.

Toutefois, l’originalité et la nouveauté que contenait le premier opus du trio ne sont pas encore tout à fait de retour, et des titres comme « Today » et « Weekend », bien qu’intrinsèquement tout à fait corrects, prennent des allures répétitives sur la longueur. La pause du trio de sept ans a malgré tout été bénéfique : même si la planète dance a bien changé depuis 2004, Dirty Vegas a su n’en conserver que les meilleures évolutions. « Electric Love » s’en tire donc avec une kyrielle d’honneurs, à défaut de révolutionner la planète dance.

« Electric Love », troisième album de Dirty Vegas, est disponible depuis le 26 avril dernier chez Om Records. 15/20.

Gwendal Perrin

Journaliste, social media manager et miauleur professionnel. Juke-box exigeant, esprit Bauhaus et tonalités mineures. Dérive saisonnière Eurovision. Contact : perrin.gwendal(a)gmail(p)com.