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RVETMC, ZE albums’ Top40 of 2010. Oui, tu peux ne pas être d’accord.
Déjà que c’est bien complexe de classer des chansons, alors classer des albums… Après avoir songé à un Top20 avec 26 albums en tête, puis un Top30 avec 37 propositions, mon cerveau vide et dépravé s’est arrêté sur le chiffre rond de 40. (Après avoir imaginé un Top69. Pardon.)
Je noterai juste une chose avant de commencer le dévoilement de cette sélection : le manque d’album à tomber par terre à chaque écoute. Pas de coup de génie monumental tel l « Agaetis Byrjun » de Sigur Ros, « Float » de Peter Broderick ou à peu près n’importe quel album de Queen dans les seventies. Pléthore de bons albums, absence d’excellents. 2011, t’as intérêt à gérer sa race.
Youka, c’est parti.
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#40 MGMT – Congratulations
Oui les gens, on commence tout de suite par du lourd que tu aurais vu plus haut, oui, si tu veux, mais moi pas. D’une parce que je n’aime pas faire comme tout le monde, de deux parce qu’il me paraît un léger ton en-dessous de leur première galette. Mais cet exercice de reconstruction tient très bien la route, hein, pas d’epicfail en vue.
#39 COCOROSIE – Grey Oceans
Comment ça tu ne comprends rien aux albums de ces deux soeurettes ? C’est normal, il n’y a rien à comprendre, mais heureusement pour nos oreilles elles savent gérer le n’importe quoi. Par contre, pour nos yeux, elles gagnent probablement l’un des prix de la cérémonie des couvertures d’album les plus moches de l’année.
#38 SIA – We Are Born
C’est fou ce que les artistes paraissent moins bons quand ils sont heureux. Doit-on comprendre que pour être artistiquement ambitieux, il n’y a que la déprime voire la dépression qui guide la réussite ? Car ce quatrième album de Sia Furler, plus joyeux que ses prédecesseurs, est également un peu moins bon. Mais après deux superbes opus, « Colour The Small One » et « Some People Have Real Problems », la comparaison était rude… et au final, elle s’en tire quand même très bien, merci pour elle.
#37 ASWEFALL – Fun Is Dead
Deuxième opus pour le duo jusque là connu pour son « Between Us », ZE fameuse musique de pub Air France. « Fun Is Dead » est un méchant concentré d’electronica ultra-efficace, classe, élégant. Etape de la confirmation : passée avec succès.
#36 SHARON JONES & THE DAP-KINGS – I Learned The Hard Way
La soul intemporelle de la toujours pétillante Sharon Jones continue de faire mouche. Moins dansant que ses récentes productions, « I Learned The Hard Way » remplira vos salons d’une manière autrement plus agréable que Chérie FM. Et pas que.
#35 SIMIAN MOBILE DISCO – Delicacies
Retour gagnant pour le duo britannique. Après l’übersexuel « Attack Decay Sustain Release » et le trop impersonnel « Temporary Pleasure », SMD, revient avec un délire électro-techno-gastronomique bon à vous dégurgiter votre chapon.
#34 ROKKURRO – I Annan Heim
Une des (nombreuses) découvertes islandaises de l’année, au même titre que les dernières sorties d’Amiina, d’Olafur Arnalds, de Jonsi ou encore d’Olof Arnalds. Des fois, c’est chaud, l’Islande.
#33 LANGE – Harmonic Motion
Bonne surprise que ce second album studio du DJ britannique Stuart Langelaan, pépite concentrée en titres dancefloor d’une efficacité insoupçonnée. Des fois, la trance se déroule bien même au format CD…
#32 THE PORTLAND CELLO PROJECT – Thousand Words
Premier album intégralement instrumental de The Portland Cello Project, « Thousand Words » oscille entre mélodies envoûtées et moments de pure grâce, dont le somptueux « Denmark » déjà récompensé sur ce site…
#31 JUNIP – Fields
ENFIN le groupe de José Gonzalez a réussi à pondre l’album attendu depuis dix ans par ses fans. Enfin, à pondre le TRIPLE album de cette formation au folk très inspiré.
#30 JANELLE MONAE – The ArchAndroid
Enorme succès critique pour le second opus de cette gazelle, après un EP passé quasiment inaperçu en 2008. Loin d’être immérité, au demeurant. Vraiment.
#29 GRAND POPO FOOTBALL CLUB – Venom In The Grass
Second effort du duo branchouille parisien, dix (!) ans après le cultissime « Shampoo Victims ». « Venom In The Grass » se place dans sa digne successsion, une décennie d’écart pour explorer d’autres styles et s’acoquiner d’autres voix…
#28 SCHILLER – Atemlos
Christopher von Deylen est probablement l’un des musiciens électroniques les plus prolifiques et ambitieux d’Allemagne. Après avoir débarqué de plein pied dans la trance, il s’est depuis retourné du côté de l’ambient et de la chillout… Transition réussie, comme en atteste sa nouvelle (double !) livraison.
#27 BALMORHEA – Constellations
Brillante nouvelle production d’un des meilleurs groupes que le Texas ait infanté depuis un bon paquet d’années désormais. « Constellations » prend son temps pour démarrer, histoire de mieux finir en apothéose…
#26 FAITHLESS – The Dance
Il est loin, le temps des « Insomnia » et autres « God Is A DJ ». Le légendaire acte britannique n’en a pour autant pas perdu la foi, ni même l’inspiration, comme en témoigne cette nouvelle sortie presque trop taillée dancefloor pour être tout à fait Faithless.
#25 ANTONY & THE JOHNSONS – Swanlights
Grosse période d’inspiration visiblement pour Antony Hegarty et son groupe, qui enchaîne les sorties. Et ça plane toujours très haut.
Même s’il aurait gagné à être un chouia plus original, la sortie de l’année de Nick Bracegirdle n’en reste pas moins l’une des sérieuses références de l’année house/dance qui se termine.
#23 EMANUELE ERRANTE – Gouache
Toujours élégant, toujours discret, le post-rock classique de l’Italien Emanuele Errante berce l’auditeur, avec exigence, attention. That’s just chic.
#22 RUFUS WAINWRIGHT – All Days Are Nights : Songs For Lulu
Loin de ses habituelles envolées pop lyriques übergay, Rufus Wainwright nous a proposé cette année un hommage à sa mère, Kate McGarrigle, seul devant un piano. Et c’est simplement magnifique.
#21 UNDERWORLD – Barking
Porté par le tubesque « Always Loved A Film », le nouvel album studio d’Underworld se révèle être plus taillé pour les débuts de soirée en club que pour une écoute en salon. C’est un choix. On met du temps à plussoir, mais on y arrive bon gré mal gré.
#20 MIIKA KUISMA – Progress Of Soul
L’un des DJ les plus intéressants de Finlande propose un troisième album studio une nouvelle fois aux allures de carrefour des styles, entre ambient, world, progressive house et trance. J’ai dit carrefour, pas autoroute.
#19 OLOF ARNALDS – Innundir Skinni
Petite fantaisie sucrée de l’une des voix les plus hallucinantes d’Islande, « Innundir Skinni » délivre une folk libérée, libertaire, douce et enivrante. De quoi planifier un voyage à Reykjavik dans la minute. (J’arrive.)
#18 AQUALUNG – Magnetic North
Passé étrangement plutôt inaperçu, le nouvel opus de Matt Hales aka Aqualung tient pourtant très bien la route. Une pop légère, réfléchie, portée par l’une des plus belles voix masculines de la scène musicale actuelle. Mérite un peu plus qu’un détour.
#17 AYDIO – Nonentity
Le premier véritable album d’Aydio alias Adam Harper, un Britannique dont le nom sera selon toute vraisemblance à suivre. Découvert sur le label bulgare Dusted Wax Recordings avec son « Deltitnu EP », il propose un voyage musical entre, au choix, chillout, lounge, electronica, ambient, j’en ai probablement oublié, et ça fait du bien.
#16 BAS VAN HUIZEN – Plooibaars
Le genre d’album ô combien segmentant : entre ceux qui ne verront dans l’ambient-post-rock du Néerlandais qu’une autoroute de bruits et les autres qui y sentiront une création atmosphérique des plus réussies, faites votre choix. Vous aurez compris que je me situe dans la deuxième catégorie.
#15 THE NATIONAL – High Violet
L’un des albums les plus attendus de l’année, et probablement déjà devenus l’un des plus indispensables. Fermez le ban.
#14 OLAFUR ARNALDS – … and they have escaped the weight of darkness
Album sombre, minimal, troposphérique, le nouvel opus de l’Islandais le plus talentueux qui soit apparu sur la scène musicale depuis Sigur Ros peut paraître extraordinairement froid. Il se révèle pourtant plein de chaleur, dans les mélodies inspirées, dans les arrangements millimétrés, et puis parce que c’est Olafur Arnalds, tout simplement. Un style qui commence à ne pas laisser place à la discussion, c’est plutôt bon signe. PS : il a à peu près mon âge.
#13 ANTHONY ROTHER – Popkiller 2
Petite tuerie electro-techno qui mérite largement sa place au Panthéon des soirées de week-end réussies. Porté par l’impeccable « Mother », le nouvel opus de Mister Rother confirme, si besoin était, qu’on tient avec lui l’un des noms à suivre de toute urgance de la scène électronique mondiale. Oui monsieur.
#12 THE CHEMICAL BROTHERS – Further
Avant sa sortie, on ne savait trop à quoi s’attendre avec le nouvel opus des frères les plus barges de la dance outre-Manche. Seulement huit titres à la sortie, mais quels titres ! Rassuré, fus-je.
#11 NILS FRAHM & ANNE MÜLLER – 7 Fingers
Nouvelle production taillée pour la perfection par le multi-instrumentiste Nils Frahm, à mi-chemin entre classique ambient et électro-acoustique. Le genre de garçon qui a tout compris à la musique.
#10 PETER BRODERICK – How They Are
Encore une riche année pour le compositeur de Portland. Son mini-album « How They Are », avec à sa tête le prodigieux « Pulling The Rain », se déguste par les oreilles et sans faim. Françaises Français, il n’est VRAIMENT pas trop tard pour le découvrir.
#9 GOLDFRAPP – Head First
Délire über-friendly d’Alison Goldfrapp avec ce « Head First » aux allures de générique télé géant pour « Queer As Folk ». Décollage assuré avec un « Rocket » simplissime et branchouille à mort, vol et atterrissage tranquilou avec cette pop-dance survitaminée. On surkiffe.
#8 RQTN – Decades And Decisions
RQTN, alias Mathieu Artu, constitue sans conteste l’un des talents cachés que la France sait garder sous le tapis pour laisser les projecteurs à David Guetta. C’est dommage. Car ce « Decades & Decisions », grande réussite devant l’éternel, est une preuve supplémentaire qu’il faudra compter sur lui – et sur sa richesse stylistique, puisqu’il laisse ici son post-rock doux d’avant pour une quasi-new wave ultra efficace – dans les prochaines années. Rendez-vous d’ailleurs dès le début de l’année prochaine pour sa nouvelle livraison…
#7 SYLVAIN CHAUVEAU – Singular Forms (Sometimes Repeated)
Mister Chauveau, Belge de son état, protéiforme producteur de génie auditif au demeurant. Dans la même optique qu’un David Sylvian – mais en encore mieux – Sylvain Chauveau embarque l’auditeur dans un voyage hallucinant de maîtrise, où chaque bruit a une signification, chaque silence également, chaque mot entonné a un sens. Tant de cohérence mérite plus que respect. Presque déférence.
#6 TIRED PONY – The Place We Ran From
Encore un coup de Portland, messieurs dames. Car Tired Pony, groupe infanté par le frontman de Snow Patrol avec la moitié de Belle & Sebastian et tout un groupe de solides références, a frappé très fort. Folk, country, simili-shoegaze inspiré, une plongée effrayante et somptueuse dans une Amérique presqu’éternelle, loin des spotlights des villes, perdus dans les immensités des Rocheuses. Acheter un billet d’avion.
#5 CLEM LEEK – Holly Lane
Depuis deux ans et l’explosion d’une scène post-rock classique alternative, et sa flopée de talents tout aussi divers que Peter Broderick ou Olafur Arnalds, les talents ne manquent pas. Et c’est ravi qu’on a découvert cette année le jeune Britannique Clem Leek, compositeur à la productivité effrayante et au talent dégoulinant. Preuve en est avec cet « Holly Lane » cosmique, paré pour un voyage sans destination, et c’est ce qui est le meilleur. Comme Compaq, son nom est « à suivre ».
#4 CHRISTIAN SCOTT – Yesterday You Said Tomorrow
Même pour un non-amateur de jazz comme moi, l’écoute d’un album de Christian Scott fait toujours l’effet d’une claque. Son troisième opus, sorti en début d’année, ne fait nullement exception en la matière : classe intersidérale, groove délassant, élégance presque indécente, Mister Scott et son orchestre ont frappé un grand coup.
#3 THE CORAL – Butterfly House
La pépite euphorisante de l’année, venue (quoi, elle aussi ?) d’outre-Manche. Dix ans que The Coral écume les charts, mais jamais suffisamment haut pour être reconnus à leur juste valeur. Et c’est bien dommageable, car ce « Butterfly House » constitue probablement ce qui se fait de mieux dans le monde du pop-rock (quelle horrible formulation). Pour celles et ceux qui auraient osé passer à côté, rattrapage OBLIGATOIRE.
#2 MIDLAKE – The Courage Of Others
Coup de tonnerre au début de cette année avec l’arrivée, cors et sonnets triomphants, du nouveau cru Midlake. Une splendide claque country-folk tout à fait inattendue, portée par des merveilles en puissance comme « Winter Dies » ou « Core of Nature ». Trônera très longtemps dans vos iTunes, Winamp et autres Windows Media Player (LOL).
#1 JONSI – Go
Même quand il n’est pas avec Sigur Ros, même quand il ne fait pas du Sigur Ros, Jon Thor Birgission aka Jonsi, frontman du meilleur groupe de tout le temps dixit l’écrivain-de-ces-lignes, arrive pourtant à trôner en tête de mes préférences. Comment ? En proposant une recette euphorisante, rock sautillant, pop sous amphétamines, voix de fausset toujours au top de sa forme. Youka, mais n’oublie pas de continuer à faire du Sigur Ros aussi, hein. xoxo.
Gwendal PERRIN

















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